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Lundi 19 Novembre 2018

SANTE - Publié le 14/05/2016 à 15:35


Le fructose des fruits meilleurs que celui de l'industrie ?




Si la molécule reste la même quand le fructose est obtenu par des procédés industriels, on risque néanmoins d'en manger plus, d'où des risques pour notre santé.

D'où qu'il vienne, le fructose est toujours du fructose: sa molécule ne change pas. Mais les doses ingérées varient suivant son origine et notre façon de nous alimenter. Elles peuvent ne pas être les mêmes si notre ration de sucres provient exclusivement de fructose naturel, issu de fruits, légumes, miel ou sirop d'agave, ou si elle inclut des produits transformés, avec du fructose tiré de l'amidon de maïs. C'est l'unique raison qui rend le premier préférable au second.

Similaire au glucose par sa formule chimique, le fructose a en revanche un plus fort pouvoir sucrant. Par ailleurs, son index glycémique est très faible (10, contre 100 pour le glucose). Consommé de façon modérée, il ne provoque ainsi qu'une hausse très limitée du taux d'insuline. Voilà pourquoi il fut longtemps recommandé aux diabétiques en remplacement du sucre de table ou saccharose (un glucide qui associe une molécule de glucose à une autre de fructose).

Mais il y a un problème. Dans la vie quotidienne, bien des gens en avalent des quantités astronomiques, souvent sans s'en rendre compte. Comme le souligne le Pr Patrick Tounian, de l'hôpital Armand-Trousseau (Paris), on en retrouve en effet dans des produits sucrés comme les sodas, glaces, produits laitiers, confiseries, céréales du petit déjeuner, mais aussi dans les jus de fruits sans sucres ajoutés! Or en excès, le fructose n'est pas sans risque. Pour quelles raisons?

Comparé à d'autres sucres, le fructose induit certes une faible sécrétion d'insuline, mais il est dégradé différemment par l'organisme et favorise le stockage de calories dans les graisses lorsqu'il est associé à l'ingestion simultanée de lipides. À l'origine, ce métabolisme si particulier avait peu de conséquences car si nos ancêtres tiraient tous leurs sucres des fruits et légumes, ils mangeaient trop peu de graisses pour en stocker. Mais aujourd'hui, les doses de fructose et de graisses quotidiennement ingérées par une bonne partie de la population sont plus importantes, et ce processus peut conduire au fameux syndrome métabolique, avec tous les problèmes qui lui sont associés: diabète de type 2, troubles cardio-vasculaires… Ces effets sont pointés du doigt par certains scientifiques depuis une dizaine d'années. Et trois chercheurs américains viennent d'enfoncer le clou cette année, en publiant une analyse détaillée des études menées sur le sujet.

À l'origine, avec le sucre, d'une épidémie de diabète de type 2

«Aux niveaux actuels, la consommation de sucre et celle de fructose en particulier -à des concentrations et dans des contextes que l'on ne rencontre pas avec les aliments entiers naturels - alimentent une épidémie de plus en plus grave de diabète de type 2», s'inquiètent James DiNicolantonio et ses collaborateurs. Ces scientifiques constatent qu'aux États- Unis les trois quarts des aliments transformés intègrent des sucres ajoutés , et qu'un dixième de la population consomme 25 % de ses calories sous cette forme. Résultat, l'Américain moyen ingurgite plus de 80 g de fructose par jour, alors qu'à partir de 70g quotidiens, le risque d'effets délétères est réel. Il semble que la santé des Français soit moins en danger: notre consommation moyenne de fructose est estimée à 42 g par jour. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas y prêter attention. En ne mangeant que du fructose issu de fruits et légumes, on en avale au maximum 25 g par jour. Or c'est grosso modo l'équivalent de deux grands verres de soda…

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