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Mercredi 13 Décembre 2017

SANTE - Publié le 14/05/2016 à 15:38


Mucoviscidose: les greffes de poumon multipliés par 6 en seize ans




Grâce à une technique innovante de greffe, de plus en plus de patients atteints de mucoviscidose ont accès à une transplantation pulmonaire.

«C'est une renaissance», explique Frédéric, 41 ans, qui a reçu une greffe de poumon en février dernier. «J'ai pu redécouvrir les petits gestes du quotidien comme porter son pack de lait jusqu'au deuxième étage et en avoir mal aux jambes. C'est incroyable d'avoir mal aux jambes.» Avant son opération, ce patient atteint de mucoviscidose s'essoufflait tellement rapidement qu'il n'avait même pas le temps de puiser dans sa force musculaire.

La mucoviscidose affecte le fonctionnement des poumons. L'espérance de vie des malades a beaucoup évolué, passant de 7 ans il y a un demi-siècle à 52 ans aujourd'hui. Cependant, la greffe de poumon reste souvent nécessaire.

Aujourd'hui, «un patient adulte sur 5 atteint de la maladie bénéficie d'une transplantation pulmonaire» raconte le Dr Virginie Colomb-Jung, directrice médicale de l'association Vaincre la mucoviscidose. Cela représente environ 100 greffes par an, contre 16 en 2000. Et son usage ne cesse d'augmenter: en 2015, toutes pathologies confondues, 345 greffes pulmonaires ont été réalisées, 41% de plus qu'en 2010. Derrière cette hausse se cache un procédé permettant une utilisation de greffons pulmonaires qui auraient été jugés inutilisables.

Des poumons ressuscités

En 2011, les chirurgiens de l'hôpital de Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) inauguraient en France une technique spectaculaire de réhabilitation ex-vivo (après leur prélèvement sur leur donneur) de poumons jusque-là jugés non greffables car trop abîmés. Ceux-ci sont placés sous cloche stérile à 37°C et connecté à un appareil d'oxygénation qui les gonfle et dégonfle régulièrement tandis qu'un liquide nutritif est perfusé afin de nettoyer le poumon. «Après deux heures de réhabilitation, on voit si l'organe s'est amélioré. Dans ce cas, on peut le greffer» explique le Dr Edouard Sage, chirurgien thoracique à l'hôpital Foch. «Depuis 2011, à l'hôpital, cette technique a été réalisée sur 53 poumons. 45 d'entre eux ont ensuite été greffés avec succès» poursuit-il.

«La survie à un an est identique à celle obtenue avec un poumon de bonne qualité, autour de 91%.» se félicite le Dr Sage. Cette procédure a permis de diminuer considérablement le temps d'attente pour une transplantation. Aujourd'hui, à l'hôpital de Foch, il est deux fois moins élevé qu'avant son utilisation (21 jours contre 52 jours).

Malheureusement, cette procédure qui est sortie de sa phase de test l'an dernier, n'est toujours pas financée par les institutions françaises. Actuellement, les 14 000€ de surcoût que représente la procédure de réhabilitation sont pris en charge par l'association Vaincre la Mucoviscidose*, l'Association Gregory Lemarchal et la Fondation Foch. «Nous devons entamer la discussion avec la Direction Générale de l'Offre de Soin, la Haute Autorité de Santé et l'Agence de Biomédecine pour faire évoluer les choses. Nul ne sait combien de temps ça peut prendre» raconte Virginie Colomb-Jung, directrice médicale de l'association Vaincre la Mucoviscidose.

Comparer pour anticiper

Quel que soit le poumon, les risques de complications postopératoires demeurent, en particulier ceux liés au rejet chronique. Ainsi, le projet européen COLT, né en 2012, vise à comprendre les mécanismes impliqués dans le rejet chronique, comme la fibrose, pour mieux les anticiper. Pour cela, les chercheurs ont constitué la plus grande cohorte de greffés pulmonaires jamais réalisées. Grâce aux 2000 patients enregistrées, ils ont récupéré aujourd'hui 150 000 données pré et postopératoires.

Ces «big data» leur permettent de comparer les différents parcours des greffés. «Avec 20 gènes, on peut prédire les cas qui vont se dégrader.» explique le Pr Pison, chef de la Clinique Universitaire de Pneumologie au CHU de Grenoble et impliqué dans le projet. Il en profite également pour pointer du doigt l'effet de la pollution sur les poumons greffés. «La greffe, c'est mieux à la campagne» ajoute-il.

*L'association Vaincre la mucoviscidose organise chaque année ses «Virades de l'espoir», une journée de mobilisation et d'appels aux dons pour financer la recherche sur cette maladie. L'an dernier, 5,75 millions d'euros avait été collectés à cette occasion, soit 40% des ressources de l'association, premier financeur de la recherche en France dans le domaine de la mucoviscidose. La 32ème édition aura lieu le 25 septembre 2016.

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