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Dimanche 24 Septembre 2017

RECHERCHE - Publié le 22/04/2017 à 15:51


Des virus géants jouent les Frankenstein



Un nouveau groupe de virus géants vient d’être découvert par une équipe américano-autrichienne dans des bassins bouillonnants de boue d’épuration.

Les virus géants sont des nouveaux venus dans la biologie puisque les premiers ont été décrits par des chercheurs français (sous la direction de Didier Raoult) en 2003. Ils apparaissent de plus en plus comme des bizarreries de la nature, aux frontières des virus et des cellules.

Un nouveau groupe de ces virus géants vient d’être découvert par une équipe américano-autrichienne (travaux publiés dans la revue Science). Ce «girus» - contraction de giant virus - a été baptiséKlosneuvirus car il a été découvert dans la ville de Klosterneuburg, en Autriche, dans des bassins bouillonnants de boue d’épuration. Les chercheurs ont pu, en le décorticant, conclure que ces virus géants descendent, non de cellules, mais de plus petits virus qui, un peu à la manière de la créature de Frankenstein, sont faits de bric et de broc avec des bouts d’autres organismes.

S’ils s’appellent géants, c’est bien à cause de leur taille. D’ailleurs, le tout premier découvert, en 1992, avait été classé parmi les bactéries. Celles-ci font une taille de l’ordre de quelques micromètres (un millième de millimètre) alors que les virus sont mille fois plus petits (quelques dizaines de nanomètres). Les bactéries sont visibles au microscope optique alors que les virus ne le sont normalement pas. Celui découvert en 2002, appelé mimivirus (0,75 millième de millimètre), est bien plus gros que d’autres (il est visible au microscope optique): si le mimivirus était un ballon de football, le virus du rhume est comme une cerise et le virus du sida comme une pomme. La taille de leur ADN et le nombre de gènes qu’ils possèdent sont à la hauteur de leur taille.

En analysant les génomes des trois à quatre familles connues de girus, les chercheurs se sont aperçus qu’ils possédaient des centaines voire des milliers de gènes alors que les autres, comme celui de la grippe, n’en possèdent que quelques petites dizaines. Parmi les gènes en plus, les scientifiques se sont rendu compte qu’on les trouvait normalement chez les plantes, les animaux et les autres organismes cellulaires. Certains de ces gènes permettent la traduction de l’ADN en protéines. Comme si, au cours de l’évolution, ce virus avait «braqué» des éléments génétiques dans ses hôtes successifs. Plutôt que de détourner les usines de la cellule à son profit, un virus géant monte entièrement ses propres usines pour produire ses descendants.

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