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Mercredi 22 Août 2018

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:22


Masturbation: femmes et hommes se ressemblent de plus en plus



Chez les jeunes adultes, hommes et femmes ont les mêmes conceptions et pratique de la masturbation, selon une étude menée en Suède sur plus de 3000 personnes âgées de 18 à 22 ans.

Les études sont toujours délicates lorsqu'il s'agit d'évoquer la masturbation. La pratique n'est pourtant pas rare: un sondage IFOP/CAM4 réalisée en mai 2014 auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 18 ans et plus, montrait qu'un tiers des femmes et deux tiers des hommes s'étaient masturbés au cours des trois derniers mois, tandis qu'un homme sur trois et une femme sur neuf le faisait au moins une fois par semaine. Dans toutes les enquêtes, les hommes sont plus nombreux à se masturber et ils le font plus souvent que les femmes. Mais cette fois, une étude montre des résultats bien différents: conduite par quatre universités (Essen, Louvain, Göttingen et Malmö), elle s'est focalisée sur une tranche particulière de la population, les étudiants âgés de 18 à 22 ans.

«La masturbation c'est super!» (groupe 1)

Pas moins de 1566 femmes et 1452 hommes ont donc été interrogés, et les résultats montrent qu'une large part des femmes (50%) et des hommes (61%) présente un profil statistique très proche. En particulier un recours fréquent aux fantasmes sexuels (jugés comme très excitants), une attitude positive vis-à-vis de la masturbation et un taux élevé d'orgasmes pendant celle-ci. Dans ce groupe majoritaire (groupe 1), la moitié des femmes et un quart des hommes dit même avoir plus facilement un orgasme en se masturbant qu'avec un partenaire; un quart des femmes et un dixième des hommes trouvent même que l'orgasme est plus agréable en solo qu'en duo. Ce qui confirme indirectement la théorie sexologique selon laquelle, acquérir seul une certaine expérience du plaisir est corrélé à une plus grande facilité orgasmique en duo, ainsi qu'à une satisfaction sexuelle plus importante en couple.

«La masturbation c'est un peu dégoûtant… mais ça marche» (groupe 2)

Le second groupe (34% des hommes et 22% des femmes) est aussi relativement similaire pour les hommes et les femmes. Il s'agit de ceux qui ont une vision plus négative de la masturbation et des fantasmes sexuels (rarement excitants), ces derniers étant d'ailleurs moins utilisés que par le groupe précédant. Toutefois, lorsqu'ils se masturbent, les hommes de ce groupe n'ont pas moins d'orgasmes que les autres. La situation est un peu différente pour les femmes puisqu'elles ne sont plus qu'une sur cinq (contre la moitié dans le groupe 1) à avoir plus facilement un orgasme en solo qu'en duo, et une sur neuf à trouver l'orgasme ainsi obtenu plus agréable qu'en duo.

«La masturbation, d'accord, mais pas de quoi s'exciter» (groupe 3)

Enfin, les chercheurs distinguent un troisième groupe qui ne regroupe que des femmes (23% des femmes interrogées) ayant plutôt une vision positive de la masturbation et une utilisation moyenne des fantasmes sexuels lors de celle-ci. Pourtant, ces femmes ont moins souvent d'orgasmes en solo que les deux autres groupes. Elles sont aussi moins nombreuses à avoir déjà eu des orgasmes toutes pratiques sexuelles confondues (75% des femmes, contre 88% dans le groupe 2 et 100% dans le groupe 1). Celles qui en ont trouvent cela plus facile (88%) et plus agréable (93%) en duo.

Le paradoxe du groupe 3

En conclusion, la chercheuse de l'université de Malmö qui a dirigé ce travail, Eva Elmerstig, s'interroge avec ses collègues sur l'apparent paradoxe du troisième groupe. «Pourquoi ont-elles rarement des orgasmes en se masturbant et pourquoi préfèrent-elles jouir avec d'autres activités sexuelles?» Leur première hypothèse est «qu'elles désapprouvent inconsciemment la masturbation» bien qu'elles semblent plutôt ouvertes au sujet des pratiques solitaires. Seconde hypothèse, qui n'exclut pas la première, «le plaisir sexuel est pour elles lié aux sentiments amoureux, au partenaire». Faire l'amour est plus gratifiant que «se faire plaisir». La troisième hypothèse est que, faute d'avoir développé une expérience suffisante de l'orgasme par la pratique de la masturbation, ces femmes auraient aussi plus de mal à y accéder avec leur partenaire.

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