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Lundi 19 Novembre 2018

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:24


Contraception hormonale masculine : des résultats prometteurs



Une méthode de contraception par injection d’hormones s’est révélée efficace pour 96% des volontaires d’un essai commandé par l’OMS.

À quand une «pilule» pour l’homme? Peut-être plus tôt qu’on ne le pense. Des chercheurs de la Société internationale d’endocrinologie ont testé un nouveau type de contraception hormonale par injection pour homme. Les résultats, publiés dans une étude du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, s’avèrent encourageants malgré des effets secondaires indésirables.

80% de volontaires satisfaits

L’étude, commanditée par l’Organisation mondiale de la santé, a été menée sur 320 hommes âgés de 18 à 45 ans dans 7 pays du monde*. Les chercheurs se sont assurés que ces hommes étaient en bonne santé et avaient un taux de production de sperme supérieur à la référence fixée par l’OMS pour l’infertilité (15 millions/mL), avant de leur injecter des hormones progestatives censées stopper temporairement la production de testostérone responsable de la spermatogenèse (en dessous de 1 million/mL). En parallèle, des injections de testostérone à faible quantité étaient faites afin de conserver les caractères sexuels secondaires masculins (érection, pilosité...).

Les injections se sont avérées efficaces dans 96% des cas et seulement 4 grossesses sur une période de 56 semaines ont été observées chez les compagnes des hommes participant à cette étude. À l’issue de la phase expérimentale, 80% des volontaires s’estimaient satisfaits par cette méthode de contraception et 82% se disaient prêts à l’utiliser.

«Cela confirme les conclusions des études antérieures sur la contraception masculine et notamment celles menées en France, à savoir que la méthode est efficace et les hommes en sont satisfaits», estime Pierre Colin, président de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (Ardecom).

«La France est en retard»

Si les résultats sont encourageants, des effets secondaires indésirables ont contraint 20 des 320 volontaires à stopper les injections avant la fin de la période de test. En cause: acné, augmentation de la libido, troubles de l’humeur et dépression dans les cas les plus sérieux.

Malgré les résultats probants de cette étude de phase 2, une mise sur le marché de ce type de contraception n’est pas encore envisageable, estime l’un des auteurs de l’étude. «Bien que plus de 75% des hommes se disent satisfaits par cette méthode, les résultats suggèrent qu’un traitement avec moins d’effets indésirables doit encore être trouvé. Cette combinaison particulière d’hormones risque d’être abandonnée, mais des chercheurs travaillent actuellement sur d’autres combinaisons», explique Douglas Colvard, docteur en biologie reproductive.

Le mode de contraception, un choix culturel

Le chercheur reconnaît que «certaines femmes utilisant une méthode de contraception hormonale expérimentent les mêmes effets secondaires, comme des troubles de l’humeur et une dépression, ainsi que d’autres auxquels les hommes ne sont pas sujets». «Et pourtant, elles continuent de les prendre», réagit Pierre Colin d’Ardecom, déplorant qu’en France, «la responsabilité de la contraception soit constamment déléguée aux femmes». «La France est relativement en retard en ce qui concerne la question de la contraception masculine, parce que les hommes ont peur et ne sont pas assez informés par leur médecin alors qu’il existe plusieurs méthodes. Moins d’un pour cent des hommes a ainsi recours à la vasectomie dans l’Hexagone, contre 20% au Royaume-Uni. Pourtant, la vasectomie est réversible dans la plupart des cas, contrairement à une ligature des trompes, et elle coûte moins cher que cette dernière».
 

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