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Mardi 22 Mai 2018

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:24


L’hypersexualité est-elle une maladie ?



        
Sex addict ? Nymphomane ? Obsédé sexuel ? Les mots ne manquent pas pour parler d’hypersexualité mais la définition du trouble est plus délicate qu’il n’y paraît.

Êtes-vous Sex addict? Les mots varient selon les époques pour définir l’excès des sens. À la fin du XIXe siècle le Dr de Bienville parlait de «fureur utérine» mais les sexologues modernes se sont efforcés de mieux définir ce qu’était l’hypersexualité: Tout d’abord un manque de contrôle sur des pensées sexuelles intenses et récurrentes, des envies ou des comportements sexuels pressants, ne suffisent pas pour poser le diagnostic. Encore faut-il que cela ait des répercussions sur la vie quotidienne ou soit source de souffrance pour soi ou les proches.

Le fait que ces pensées ou comportements envahissants soient une réponse à des troubles de l’humeur (anxiété, dépression, ennui, irritabilité) ou au stress, peut aussi entrer dans les critères d’hypersexualité. Ainsi définie, «la maladie» a failli entrer dans le manuel de référence de psychiatrie américain, le DSM-5, en 2013, mais elle a été écartée faute d’un nombre suffisant d’études convaincantes pour l’étayer. Même le mécanisme physiopathologique à l’origine de l’hypersexualité demeure incertain. Désordre neurobiologique avec une activation anormale du système de récompense cérébrale lié à l’activité ou aux pensées sexuelles? Variante d’un tempérament obsessionnel compulsif? Effet indésirable d’un médicament (amphétamines, L-Dopa donnée dans la maladie de Parkinson notamment) ou de drogues? Manière de gérer des émotions négatives (anxiété, stress, tristesse,etc) ou sa fragilité (isolement, manque d’estime de soi, etc)?

Des conséquences majeures sur la vie de couple

Dans une étude publiée en 2012 dans le Journal of sexual medicine, le Pr Rory Reid, de l’université de Californie à Los Angeles, avait, avec ses collègues, étudié l’histoire de 152 patients hypersexuels. Il s’agissait essentiellement d’hommes (seulement 8 femmes) âgés en moyenne de 41 ans et majoritairement hétérosexuels (84%). Si la moitié d’entre eux se plaignait épisodiquement, pour l’autre moitié l’hypersexualité était permanente. De plus, les troubles s’étaient manifestés avant l’âge de 18 ans pour 54%, entre 18 et 25 ans pour 30% ce qui en fait un désordre d’apparition précoce. Parmi les conséquences (répétées) de l’hypersexualité, la fin d’une relation de couple concernait 16% des personnes interrogées. Mais d’autres conséquences sont encore plus répandues: une incapacité à avoir des relations sexuelles équilibrées (67%), une légère altération de la santé mentale (73%) et une (ou un) partenaire amoureuse blessée émotionnellement (68%).

Pas seulement une question de quantité de sexe

Ce qui est sûr c’est que la «quantité» d’activité ou de pensées sexuelles ne suffit pas à déterminer l’hypersexualité. Les tentatives de définir ce qui constituerait un volume «normal» de sexe sont vouées à l’échec. Il s’agit davantage d’une norme sociale que d’une réalité physiologique. De la même façon que le désir sexuel est parfois assimilé, à tort, à un besoin vital (type boire, manger, dormir, respirer). Une nouvelle étude sur 510 personnes, publiée dans les Archives of sexual behavior, réalisée par le Pr Michael Walton avec ses collègues de l’université de Nouvelle Angleterre à Amidale en Australie, montre par exemple que se baser sur l’activité sexuelle (nombre de fantasmes, masturbations, flirts, baisers, et rapports sexuels) n’est pas prédictif d’hypersexualité. Finalement, les sexologues en sont réduits, ce qui semble raisonnable, à prendre en charge ceux qui souffrent d’une sexualité envahissante, quel qu’en soit le degré. Ce n’est qu’après avoir démêlé, au cas par cas, le contexte de cette hypersexualité que la thérapie pourra commencer.

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