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Jeudi 15 Novembre 2018

- Publié le 22/04/2017 à 17:24


Surmonter ses phobies grâce à la réalité virtuelle



Grâce aux technologies modernes, les phobies peuvent désormais être traitées plus facilement, sans mettre le patient en danger.

Jusqu’à maintenant, le traitement de la phobie était simple: confronter progressivement l’individu phobique à sa plus grande angoisse. Un phobique du vide devait par exemple se pencher au-dessus d’un pont. Et pour un phobique des araignées, quoi de mieux qu’un face-à-face avec la petite bête velue?

Le problème? «C’est beaucoup trop brutal. Les patients ont parfois trop peur pour commencer une thérapie», souligne Éric Malbos, psychiatre et praticien dans le service de psychiatrie et d’addictologie de l’Hôpital de la Conception (CHU, Marseille). «Par ailleurs, selon les phobies, certaines sont difficilement traitables de façon conventionnelle. Il est par exemple quasiment impossible d’envisager qu’un psychiatre prenne une journée entière pour monter à côté de son patient dans un avion.» Il faut pourtant pouvoir traiter les phobies, qui ne sont pas rares: entre 10 et 12% de la population ferait face, à un moment ou un autre au cours de la vie, à une phobie.

Réalité virtuelle

Grâce aux nouvelles technologies, d’autres moyens émergent pour simplifier le traitement des phobies. À l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), des médecins ont ainsi opté pour la thérapie par la réalité virtuelle. Ils ont longtemps travaillé sur la peur des araignées et des transports (métro et avion) mais également sur l’acrophobie (peur du vide ou des hauteurs), la claustrophobie (peur d’être enfermé), la peur de tomber, de conduire ou de se retrouver au sein d’une foule.

Pour traiter une phobie, il faut compter entre 10 et 12 séances d’environ une heure. Les patients sont amenés dans une salle où un casque de réalité virtuelle leur est installé sur la tête. Ils entrent alors dans un monde où leur phobie est virtuellement présente, mais où ils peuvent évoluer à leur rythme. Pierre Leboucher, ingénieur de recherche au CNRS et directeur opérationnel de plate-forme Prisme à l’ICM (Hôpital de la Pitié Salpêtrière), explique que pour la peur de l’araignée, les chercheurs montrent au premier abord une patte de cet octopode, de loin, puis le corps entier, avant de faire se rapprocher l’animal.

«Avoir le contrôle sur l’environnement»

«L’avantage de la réalité virtuelle est que cela permet au thérapeute d’avoir un contrôle total sur les paramètres de l’environnement. Quand une personne est face au vide, elle peut faire une crise de panique et devenir totalement incontrôlable. Avec la réalité virtuelle, il suffit d’arrêter le casque et la source de la phobie disparaît», illustre Pierre Leboucher.

Il reconnaît cependant que pour certaines personnes la thérapie ne «marche pas. Même si c’est rare». Le Dr Éric Malbos, qui traite les patients par réalité virtuelle depuis cinq ans à l’hôpital de la Conception (Marseille) et en voit environ 30 à 40 chaque semaine, obtient «un taux d’efficacité thérapeutique de 80 à 90%». Il considère que chez les 10% qui ne parviennent pas à surmonter leurs phobies avec cette forme de traitement, dans la plupart des cas l’échec est lié au manque de sérieux des patients, qui ne pratiquent pas les exercices donnés entre chaque séance, ou qui sont plus en recherche d’une introspection que peut leur offrir la psychanalyse.

Les images subliminales

Des chercheurs californiens affirment pour leur part que confronter le phobique à l’objet de sa peur n’est pas forcément la meilleure solution, et qu’une thérapie par images subliminales pourait être plus efficace. Pour une étude publiée dans la revue Human Brain Mapping, ils ont recruté 42 jeunes femmes, dont 21 phobiques des araignées (arachnophobie). Les femmes représentant 75 à 80% des personnes phobiques, les chercheurs se sont concentrés uniquement sur leurs cas.

Un écran affichant des lettres de l’alphabet (écran masque) était présenté à chaque participante. À certains moments, d’autres images apparaissaient: des images de fleurs (images contrôles) mais également des images d’araignées présentées pendant des durées variables, longue ou brève (moins de 33 millisecondes, c’est-à-dire subliminale). L’activation de certaines zones du cerveau était en même temps observée par Imagerie par résonance magnétique (IRM).

Devant des images subliminales d’araignées, certaines zones du cerveau des phobiques, censées réguler la peur, s’activaient alors que les participantes n’avaient pas eu conscience d’avoir vu une araignée, et n’avaient pas ressenti de peur. Ces mêmes zones du cerveau étaient en revanche beaucoup moins actives lorsque les images étaient montrées plus longtemps à la personne phobique.

Une estimation du temps d’exposition difficile

«C’est contre-intuitif, mais notre étude a montré que le cerveau était davantage capable de gérer les stimuli de la peur, quand la source de la phobie est présentée de façon inconsciente», note le Pr Paul Siegel, l’auteur de l’étude.

Pour Pierre Leboucher, les images subliminales restent cependant difficiles à mettre en place de façon systématique: «Il faut trouver pour chaque personne le temps d’exposition idéal à une image subliminale. Pour certaines personnes, il faut 20 millisecondes pour que l’image soit subliminale alors que pour d’autres il faudra afficher l’image pendant 60 millisecondes».

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