ACCUEIL | FLUX RSS
Mercredi 26 Septembre 2018

CIEL&ESPACE - Publié le 11/05/2017 à 10:07


Après deux ans dans l'espace, le drone militaire X-37 reste un mystère



Après un séjour de presque deux ans en orbite, le drone militaire américain X-37B est revenu sur Terre, alimentant les fantasmes alors que plane le spectre d'une course aux armements dans l'espace.

L'engin de 9 mètres de long et 4,5 mètres d'envergure, qui ressemble à une réduction des anciennes navettes spatiales de la Nasa, s'est posé dimanche en Floride, après 718 jours autour de la Terre, a annoncé l'US Air Force.

Depuis son premier vol en 2010, ce vaisseau automatique lancé en orbite par une fusée classique attise les spéculations sur son usage réel.

L'engin a été dépeint comme un possible bombardier spatial, capable d'emporter des bombes pour venir frapper le moment venu un objectif sur Terre.

Il a aussi été soupçonné d'être un potentiel "tueur de satellite", capable de s'approcher d'un satellite ennemi pour le détruire ou l'endommager. Ou encore une sorte de super-avion espion, se déplaçant en orbite pour aller surveiller des territoires adverses au gré des besoins.

Ces spéculations sont nourries par les inquiétudes de plus en plus présentes sur une possible course aux armements dans l'espace.

Etats-Unis, Chine et Russie réfléchissent aux moyens de se défendre d'attaques sur leurs satellites, cruciaux pour leurs économies et pour le bon fonctionnement de leurs armées.

Et ils envisagent aussi, probablement, des moyens d'attaquer les satellites de leurs adversaires.

En 2015, le comportement mystérieux d'un satellite russe avait alimenté les spéculations sur le développement par Moscou de possibles satellites d'attaque, capables de se déplacer et de manœuvrer dans l'espace pour approcher d'un satellite cible.

Mais beaucoup d'experts doutent que le X-37B préfigure un véritable engin de guerre ou d'espionnage.

"Le X-37 fait la taille d'un pick-up, ce serait difficile de mettre des armes efficaces à bord", explique Victoria Samson, spécialiste de la fondation américaine Secure World Militant pour le développement durable dans l'espace.

Une fois dans l'espace, le X-37B, qui puise son énergie dans des panneaux solaires, n'est sans doute pas capable de beaucoup manœuvrer, ajoute-t-elle. "D'une manière générale, manœuvrer en orbite nécessite une énorme quantité de carburant, donc je ne le vois pas faire beaucoup" de déplacements, détaille-t-elle.

"Le X-37B a une capacité de manœuvre très limitée en orbite et il ne peut pas atteindre des altitudes très hautes, restant sur une orbite basse", renchérit Mark Gubrud, un physicien spécialiste des technologies militaires spatiales de l'Université de Caroline de Nord.

- Repéré par des amateurs -

S'il s'agit d'avoir une plateforme spatiale d'espionnage, "je ne vois pas l'intérêt de l'alourdir avec des ailes et un train d'atterrissage, et de la rendre si visible de la Terre que même des amateurs peuvent le suivre", indique l'expert.

Selon Spaceflight101.com, un site d'informations spatiales, le quatrième vol du X-37B a été repéré par une communauté d'observateurs amateurs de satellites six jours après son lancement en 2015.

Il a disparu plusieurs mois en 2015 à la suite d'un changement d'orbite, puis en février 2017 à l'occasion d'un nouvelle manœuvre, mais a été ensuite relocalisé, selon la même source.

En réalité, estiment aujourd'hui les experts, le X-37B est sans doute davantage un banc d'essai volant qu'une arme potentielle. C'est d'ailleurs ce que dit l'US Air Force dans le peu d'informations rendues publiques.

L'armée américaine y voit un outil permettant de tester dans l'espace des capteurs et des équipements et de les ramener ensuite au sol pour voir comment ils ont résisté, plutôt qu'un engin destiné à mener des missions de combat.

Rocketdyne, une société américaine, a ainsi annoncé que ce dernier vol lui avait permis de tester une nouvelle version d'un propulseur ionique, que les satellites utilisent pour se mouvoir dans l'espace.

"Si les militaires américains voulaient calmer les spéculations, ils pourraient le faire" en communiquant plus ouvertement sur le programme X-37, indique Victoria Samson. "Mais peut-être que c'est dans leur intérêt de laisser les gens dans l'incertitude!"

Un satellite étudiera la face cachée des orages
Deux microrobots japonais commencent l'exploration d'un astéroïde
Un laser dans l'espace pour mesurer la glace sur la Terre
SpaceX enverra un premier client privé vers la Lune
Des chercheurs japonais vont tester un mini ascenseur spatial
La fuite d'oxygène sur l'ISS pourrait être intentionnelle
Les supernovas émettent un flash avant l'explosion
Le ciel se dégage sur Mars, où Opportunity tente de survivre
Londres va investir dans le développement d'un rival à Galileo
Confirmation de présence de glace à la surface de la Lune
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Kilo, ampère, kelvin... Petite révolution à venir dans les unités de mesure
Des tests ADN pour mieux traquer les trafiquants d'ivoire
Il y a 50 ans, le sauvetage des temples égyptiens d'Abou Simbel
Portugal: un vaisseau de la route des Indes découvert au fond du Tage
La médiatisation du terrorisme influence les déséquilibrés
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.032 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.