ACCUEIL | FLUX RSS
Mercredi 26 Septembre 2018

SCIENCE - Publié le 30/08/2017 à 15:26


Ancienne cité gauloise, Bibracte n'en finit pas de livrer ses secrets



Deux mille ans après son âge d'or, Bibracte, ancienne capitale gauloise située en Bourgogne, semble avoir disparu sous la forêt. Toute? Non! Car les archéologues explorent, encore et toujours, une cité qui n'en finit pas de livrer ses secrets, 150 ans après le début des fouilles.

De cette place forte au sommet du mont Beuvray, qui a pu compter jusqu'à 10.000 habitants, le peuple des Eduens dominait un immense territoire s'étirant de la Loire à la Saône. "Bibracte n'est pas un village gaulois mais une véritable ville", à une échelle bien supérieure à celle du "village d'Astérix", insiste Vincent Guichard, le directeur des lieux.

On y entre aujourd'hui par une porte ouverte dans les fortifications, reconstruite à partir du modèle d'origine. Puis une route à flanc de colline serpente vers le sommet. L'herbe d'un immense vallon a recouvert, en contrebas, ce qui était un quartier de la ville et ses centaines de maisons.

Au milieu d'une clairière, la montagne a été creusée, découvrant une terrasse consolidée par un "murus gallicus", construction gauloise que l'on croyait jusqu'ici réservée aux fortifications: un mur de terre et de pierres renforcé par une armature de poutres de bois.

Jules César en visite

L'endroit était-il "un lieu de réunion", "des sortes de grands greniers où l'on stockait les céréales" ou bien un "lieu de foire ou de commerce"?

Les hypothèses ne manquent pas mais le mystère reste entier, admet Philippe Barral, professeur d'archéologie à l'université de Franche-Comté, qui cherche à Bibracte des traces "de réalisations un peu emblématiques de ce qu'est une ville à cette période". Cette terrasse, "c'est la découverte importante de ces dernières années", résume-t-il.

Des maisons de style gaulois, des ateliers d'artisans mais aussi des villas et édifices romains: couche après couche, les archéologues décryptent l'histoire d'une ville fortifiée - un oppidum en latin - fondée à la fin du IIe siècle avant notre ère.

Jules César, impressionné par les remparts gaulois, y a même séjourné pour y écrire ses fameux Commentaires sur la Guerre des Gaules.

Les Eduens, alliés de Rome, abandonneront finalement la ville pour construire une nouvelle capitale dans la vallée, sur la voie romaine: Augustodunum, devenue aujourd'hui Autun, en Saône-et-Loire. "Une ville totalement gréco-romaine", explique le directeur Vincent Guichard.

L'ancienne place forte est tombée dans l'oubli durant des siècles, jusqu'à ce qu'un notable de la région, Jacques-Gabriel Bulliot, commence en 1867 la première campagne de fouilles systématiques de Bibracte avec le soutien financier de Napoléon III.

Techniques modernes

Interrompues par la Première Guerre mondiale, elles reprennent en 1984. A l'époque, "on imaginait faire un chantier de longue durée... qui allait peut-être durer jusqu'à 1990", s'amuse Vincent Guichard.

Sauf que les archéologues n'ont cessé de découvrir de nouvelles parties de la ville, qui s'étendait sur 200 hectares - sans compter les faubourgs - dont seule une quinzaine a été explorée par les chercheurs.

Mais les techniques "évoluent à une vitesse phénoménale en ce moment et sont extrêmement productives, ce qui nous permet de faire de l'archéologie à grande échelle", précise le directeur: les prospections géophysiques, sortes de "radios" du sol, permettent de repérer ce qui se trouve enterré et de savoir où fouiller.

Explorer l'ensemble du site avec ces nouvelles techniques prendra 50 ans, estime l'archéologue tchèque Petra Golanova, de l'université de Brno, qui vient chaque année passer une parcelle au peigne fin avec ses étudiants. Quant aux fouilles, "ça ne sera jamais (fini), c'est une superficie énorme!", lance-t-elle.

Classé aux Monuments historiques depuis 1988 et ouvert au public, Bibracte n'est pas prêt d'être déserté par la cohorte d'archéologues et les légions de touristes qui viennent chaque année de toute l'Europe.

Kilo, ampère, kelvin... Petite révolution à venir dans les unités de mesure
Des tests ADN pour mieux traquer les trafiquants d'ivoire
Il y a 50 ans, le sauvetage des temples égyptiens d'Abou Simbel
Portugal: un vaisseau de la route des Indes découvert au fond du Tage
Le plus ancien animal sur Terre était ovale et plat
Sans arêtes ni écailles, trois nouvelles espèces de poisson identifiées dans les abysses
La plus ancienne brasserie du monde découverte en Israël
Un hashtag préhistorique serait le plus ancien dessin au crayon
Luzia, fossile humain de 12.000 ans, réduite en cendres à Rio
Coccinelles arlequin: un seul gène à l'origine d'une grande variété de motifs
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Kilo, ampère, kelvin... Petite révolution à venir dans les unités de mesure
Des tests ADN pour mieux traquer les trafiquants d'ivoire
Il y a 50 ans, le sauvetage des temples égyptiens d'Abou Simbel
Portugal: un vaisseau de la route des Indes découvert au fond du Tage
La médiatisation du terrorisme influence les déséquilibrés
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.027 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.