ACCUEIL | FLUX RSS
Samedi 15 Décembre 2018

PLANETE - Publié le 30/11/2017 à 12:51


Amérique centrale: les îles de déchets, une catastrophe environnementale



Au large de certaines plages paradisiaques des Caraïbes, des amas de détritus flottants témoignent de la catastrophe environnementale qui se joue en silence, lorsque des rivières polluées se jettent dans la mer, dénoncent autorités, habitants et militants.

Ces "îles de déchets" ont été capturées en images par la photographe Caroline Power, qui vit sur l'île hondurienne de Roatan. L'étendue filmée cette fois-ci "est toute petite comparée à celles que l'on trouve dans les océans Atlantique et Pacifique", assure-t-elle.

On y voit des couverts jetables, des sacs et tout types de récipients en plastique.

Le problème est que ces déchets "continuent de se déverser dans nos océans, ce qui abouti à la formation de ces accumulations", déclare-t-elle à l'AFP dans un courrier électronique.

"C'est une catastrophe environnementale", dénonce Leonardo Serrano, maire-adjoint d'Omoa, une ville côtière au nord du Honduras. Dans ce petit pays d'Amérique centrale, on accuse le Guatemala voisin, où la rivière Motagua parcourt des centaines de kilomètres, recueillant sur son passage les résidus d'une trentaine de communes, avant d'atteindre la mer côté hondurien.

Caroline Power relativise en rappelant qu'on "ne sait pas d'où proviennent les ordures".

"Une des principales sources (de pollution) sont les rivières au Honduras et au Guatemala", admet-elle cependant. "Mais le reste peut provenir de n'importe où. Ca pourrait venir, via les courant, d'un peu partout en Amérique centrale ou dans les Caraïbes. Certains microplastiques flottent depuis des années".

Même des poches de sang

A la saison des pluies, de mai à décembre, les vagues rabattent ces débris sur les plages de la région d'Omoa, raconte le responsable local du tourisme, Amilcar Fajardo.

En marchant le long de la côte, il montre des bouteilles, des déchets hospitaliers et des tubes d'aérosols, le tout aux emballages guatémaltèques, pour appuyer la théorie du Honduras.

Nancy Calix, une biologiste marine, explique que seuls les ordures flottantes sont visibles à la surface de l'eau, le reste repose au fond de la mer, endommageant la faune et la flore marine.

"Nous avons retrouvé des poissons, et même des tortues allant jusqu'à un mètre de diamètre, morts intoxiqués après avoir avalé du plastique", témoigne le chargé du tourisme, Amilcar Fajardo.

Le problème dure depuis longtemps, mais a empiré ces dernières années, juge-t-il, au point d'obliger la municipalité d'Omoa à engager des dépenses importantes pour nettoyer ses plages, en vain, des montagnes de déchets recouvrant rapidement à nouveau le sable.

Récemment, "nous avons rempli 20 camions à benne de 13 mètres cubes chacun, et ça se voit à peine", détaille le maire Ricardo Alvarado. "On a même trouvé des poches de sang" venant d'hôpitaux guatémaltèques, dénonce-t-il.

Parfois, poursuit l'édile, une partie des détritus sont enfouis à même la plage, mais la plupart du temps, ils sont emmenés à la décharge, ce qui représente des frais importants.

Le ministre de l'environnement du Guatemala, Sydney Samuels, a promis cette semaine qu'une usine de traitement des déchets d'une valeur de 1,6 million de dollars verrait le jour sur la rivière Motagua.

Sa collègue en charge de la diplomatie Sandra Jovel a rencontré courant novembre les autorités honduriennes pour aborder le sujet. Le 23 octobre, le ministère des Affaires étrangères du Honduras avait envoyé une note à son voisin en regrettant "le manque de résultats concrets".

Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (Puma), 6,4 millions de tonnes de poubelles terminent dans la mer tous les ans, dont la plupart (70%) va au fond, 15% continue à circuler dans ou sur l'eau et le reste s'échoue sur les plages.

Au Bangladesh, le combat d'un homme pour sauver les arbres un par un
Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar
Biocontrôle: la guerre des insectes aura bien lieu
Des Amérindiens dénoncent des projets de forage en Alaska
Moins de caribous, davantage d'algues rouges dans un Arctique plus chaud en 2018
Au Népal, la bombe à retardement des lacs glaciaires
Au Chili, le risque d'une hétacombe plane sur les forêts de pins millénaires
En 2 siècles, l'humanité va annuler 3 millions d'années de refroidissement du climat
Le poulet, symbole des répercussions de l'humain sur la nature
A Maurice, tout est bon dans la canne à sucre, même l'électricité
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La résilience provient d'anomalies dans le cerveau
Nos choix de carrière influencent notre personnalité
Les bactéries intestinales, piste de recherche pour traiter le diabète
Virgin Galactic prépare un nouveau vol d'essai, plus près de la frontière de l'espace
Au Bangladesh, le combat d'un homme pour sauver les arbres un par un
 LES PLUS LUS 
Confirmation de présence de glace à la surface de la Lune
La momification, un procédé plus ancien qu'on ne le pensait
Un satellite européen inédit d'étude des vents mis sur orbite
Avec le Brexit, risque d'une pénurie de sperme au Royaume-Uni
Comment la fièvre jaune s'est propagée au Brésil
Un drone filme des images inédites d'un peuple isolé d'Amazonie
Inondations en Inde : alerte aux serpents avec la baisse des eaux
Un reste fossilisé d'enfant prouve l'accouplement entre deux espèces humaines
Un examen ophtalmologique expérimental pourrait détecter Alzheimer
Pas de niveau minimum d'alcool qui soit sans danger pour la santé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.033 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.