ACCUEIL | FLUX RSS
Samedi 23 Juin 2018

PLANETE - Publié le 30/11/2017 à 12:51


Amérique centrale: les îles de déchets, une catastrophe environnementale



Au large de certaines plages paradisiaques des Caraïbes, des amas de détritus flottants témoignent de la catastrophe environnementale qui se joue en silence, lorsque des rivières polluées se jettent dans la mer, dénoncent autorités, habitants et militants.

Ces "îles de déchets" ont été capturées en images par la photographe Caroline Power, qui vit sur l'île hondurienne de Roatan. L'étendue filmée cette fois-ci "est toute petite comparée à celles que l'on trouve dans les océans Atlantique et Pacifique", assure-t-elle.

On y voit des couverts jetables, des sacs et tout types de récipients en plastique.

Le problème est que ces déchets "continuent de se déverser dans nos océans, ce qui abouti à la formation de ces accumulations", déclare-t-elle à l'AFP dans un courrier électronique.

"C'est une catastrophe environnementale", dénonce Leonardo Serrano, maire-adjoint d'Omoa, une ville côtière au nord du Honduras. Dans ce petit pays d'Amérique centrale, on accuse le Guatemala voisin, où la rivière Motagua parcourt des centaines de kilomètres, recueillant sur son passage les résidus d'une trentaine de communes, avant d'atteindre la mer côté hondurien.

Caroline Power relativise en rappelant qu'on "ne sait pas d'où proviennent les ordures".

"Une des principales sources (de pollution) sont les rivières au Honduras et au Guatemala", admet-elle cependant. "Mais le reste peut provenir de n'importe où. Ca pourrait venir, via les courant, d'un peu partout en Amérique centrale ou dans les Caraïbes. Certains microplastiques flottent depuis des années".

Même des poches de sang

A la saison des pluies, de mai à décembre, les vagues rabattent ces débris sur les plages de la région d'Omoa, raconte le responsable local du tourisme, Amilcar Fajardo.

En marchant le long de la côte, il montre des bouteilles, des déchets hospitaliers et des tubes d'aérosols, le tout aux emballages guatémaltèques, pour appuyer la théorie du Honduras.

Nancy Calix, une biologiste marine, explique que seuls les ordures flottantes sont visibles à la surface de l'eau, le reste repose au fond de la mer, endommageant la faune et la flore marine.

"Nous avons retrouvé des poissons, et même des tortues allant jusqu'à un mètre de diamètre, morts intoxiqués après avoir avalé du plastique", témoigne le chargé du tourisme, Amilcar Fajardo.

Le problème dure depuis longtemps, mais a empiré ces dernières années, juge-t-il, au point d'obliger la municipalité d'Omoa à engager des dépenses importantes pour nettoyer ses plages, en vain, des montagnes de déchets recouvrant rapidement à nouveau le sable.

Récemment, "nous avons rempli 20 camions à benne de 13 mètres cubes chacun, et ça se voit à peine", détaille le maire Ricardo Alvarado. "On a même trouvé des poches de sang" venant d'hôpitaux guatémaltèques, dénonce-t-il.

Parfois, poursuit l'édile, une partie des détritus sont enfouis à même la plage, mais la plupart du temps, ils sont emmenés à la décharge, ce qui représente des frais importants.

Le ministre de l'environnement du Guatemala, Sydney Samuels, a promis cette semaine qu'une usine de traitement des déchets d'une valeur de 1,6 million de dollars verrait le jour sur la rivière Motagua.

Sa collègue en charge de la diplomatie Sandra Jovel a rencontré courant novembre les autorités honduriennes pour aborder le sujet. Le 23 octobre, le ministère des Affaires étrangères du Honduras avait envoyé une note à son voisin en regrettant "le manque de résultats concrets".

Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (Puma), 6,4 millions de tonnes de poubelles terminent dans la mer tous les ans, dont la plupart (70%) va au fond, 15% continue à circuler dans ou sur l'eau et le reste s'échoue sur les plages.

Ecosse: les 5 habitants d'Ulva fêtent l'achat de leur île
En Antarctique, un bain glacé pour fêter le solstice
Corée du sud: tuer les chiens pour leur viande est illégal, juge un tribunal
Une nature sous cloche pour mieux comprendre l'impact humain
Plancton décimé, poissons sonnés: les effets du vacarme sous-marin créé par l'homme
L'environnement figurera dans l'article premier de la Constitution française
Koko, le gorille qui maîtrisait la langue des signes, est mort
Pythons, lion empaillé, crânes de babouins: 30.000 animaux sauvages, victimes de trafics, interceptés
Alouettes, abeilles et orchidées... un eden près des tarmacs
Désemparés, des apiculteurs contraints de réduire en cendres leurs abeilles
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Les moins de 5 ans premières victimes des brûlures
Le son du robinet qui fuit décodé par des chercheurs
Au Pérou, un site précolombien révèle des peintures millénaires
Mort d'une adolescente en état végétatif après l'arrêt des soins
Ecosse: les 5 habitants d'Ulva fêtent l'achat de leur île
 LES PLUS LUS 
Les scientifiques américains transfèrent la mémoire d'un escargot à l'autre en transplantant de l'ARN
A la recherche de l'origine des Incas, grâce à la génétique
Pologne: Première naissance en captivité d'un couscous, marsupial indonésien
Découverte d'un nouveau site de sacrifice rituel d'enfants au Pérou
Avec le réchauffement climatique, les légumes vont devenir plus rares
Voici Norman, l'intelligence artificielle psychopathe
Un château en Corrèze pour un peu plus de 11 euros et la bonne cause
Dans le sud du Maroc, les météorites suscitent les convoitises
Le musée des égouts de Paris fait peau neuve
Au Chili, un vent de liberté sexuelle fait exploser les cas de VIH
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.052 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.