ACCUEIL | FLUX RSS
Samedi 15 Décembre 2018

PLANETE - Publié le 30/11/2017 à 12:54


Plongée sous-marine et recyclage pour sauver le Liban de ses déchets



Dans une petite crique au Liban, une vingtaine de plongeurs sautent dans la mer, bouteille d'air sur le dos, filet à la main: ils ne vont pas admirer les richesses sous-marines, mais collecter des déchets.

La "pêche" a été fructueuse ce jour-là à Tabarja, une ville côtière située à une vingtaine de kilomètres au nord de Beyrouth. Les plongeurs émergent de l'eau, déposent leurs filets verts remplis sur la jetée: ils contiennent des bouteilles en plastique et en verre, des cannettes rouillées, des boîtes de conserve. Et même des pneus.

"Ce qu'on a vu en bas, ça fait mal au coeur", déplore Christian Nader, un étudiant de 19 ans, en maillot de bain et serviette autour du cou.

Face à l'inertie gouvernementale pour régler la crise des déchets qui dure depuis plusieurs années, des Libanais ont choisi de prendre les choses en main grâce à des initiatives de la société civile et du secteur privé.

Les dépotoirs seront bientôt pleins et des experts préviennent que le pays pourrait revivre très prochainement le cauchemar de 2015, quand des montagnes d'ordures avaient envahi Beyrouth et ses environs, après la fermeture de la principale décharge du pays.

Christian Nader, qui pratique la plongée depuis cinq ans, participait à Tabarja à une initiative de Live Love Beirut, une association libanaise qui cherche à promouvoir une image positive du pays.

Au total, plus d'une centaine de plongeurs, recrutés sur Facebook et Instagram, ont pris part aux opérations organisées sur huit plages.

Poubelles brûlées

"C'est triste, c'est notre mer, il faut des campagnes de sensibilisation et que l'Etat nous aide à nettoyer", déplore cet étudiant.

Depuis des décennies, les autorités libanaises n'ont jamais réussi à adopter des politiques efficaces de gestion des ordures. Le Liban produit quotidiennement plus de 6.000 tonnes de déchets, selon des chiffres officiels.

Après la crise de 2015 et les manifestations inédites de la société civile qu'elle a entraînées, le gouvernement avait approuvé un plan temporaire prévoyant la réouverture de deux anciennes décharges dans les environs de Beyrouth.

Le "temporaire" a tant duré que les deux sites auront atteint leur capacité maximale à l'automne 2018.

Les autorités étudient la possibilité de les agrandir, selon une source gouvernementale.

"Le gouvernement doit commencer à réfléchir aux solutions durables de manière sérieuse, commencer à les mettre en place, même petit à petit", déplore Lama Bashour, directrice du cabinet de conseil Ecocentra, qui souligne l'importance "du tri et du recyclage".

Grâce à des fonds européens, plusieurs centres de tri et de compostage ont été construits. Il y aurait cependant encore plus de 900 dépotoirs sauvages au Liban, selon une étude officielle.

"Les régions qui ne disposent pas des infrastructures de base brûlent les déchets. La plupart des municipalités brûlent leurs poubelles", déplore Farouk Merhebi, spécialiste du secteur.

Zéro déchet

Le gouvernement étudie un plan du ministère de l'Environnement mettant l'accent sur le recyclage, qui ne concerne pas plus de 15% du traitement actuel des déchets.

Ziad Abi Chaker a fait le pari du recyclage dès la fin des années 1990 en lançant son entreprise, Cedar Environmental. Elle dispose aujourd'hui de huit centres de tri gérant au total plus de 80 tonnes de déchets par jour.

L'un d'eux, ouvert en septembre 2016, reçoit les ordures de Beit Meri, un lieu de villégiature proche de Beyrouth.

Sous un grand entrepôt en tôle, au milieu d'un paysage idyllique de montagnes boisées dans le centre du pays, des sacs poubelle bleus et noirs s'amoncellent en attendant d'être triés.

Le travail se fait à la chaîne: on sépare le verre, les bouteilles en plastique, les boîtes de conserve, les cannettes d'aluminium, qui seront transférés vers des usines de recyclage.

"Nous avons prouvé que le concept du zéro déchet, dans un cadre décentralisé, pouvait réussir", se réjouit M. Abi Chaker.

Mais ailleurs dans le pays, le succès n'est pas au rendez-vous.

A Saïda, station balnéaire du sud du Liban, une montagne de poubelles a ainsi fait son apparition en bord de mer, dans l'enceinte d'un centre de traitement des déchets.

Le monticule est fait de résidus ne pouvant être ni recyclés ni compostés et normalement voués à rejoindre une décharge officielle. Mais les habitants attendent toujours que la municipalité construise cette décharge comme promis.

Haute de plusieurs mètres, cette montagne d'ordures est visible depuis la route.

A ses pieds, quelques pêcheurs semblent presque oublier l'odeur pestilentielle qui s'en dégage. Tranquillement, ils jettent leurs lignes dans les eaux, et attendent leur prise.

Au Bangladesh, le combat d'un homme pour sauver les arbres un par un
Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar
Biocontrôle: la guerre des insectes aura bien lieu
Des Amérindiens dénoncent des projets de forage en Alaska
Moins de caribous, davantage d'algues rouges dans un Arctique plus chaud en 2018
Au Népal, la bombe à retardement des lacs glaciaires
Au Chili, le risque d'une hétacombe plane sur les forêts de pins millénaires
En 2 siècles, l'humanité va annuler 3 millions d'années de refroidissement du climat
Le poulet, symbole des répercussions de l'humain sur la nature
A Maurice, tout est bon dans la canne à sucre, même l'électricité
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La résilience provient d'anomalies dans le cerveau
Nos choix de carrière influencent notre personnalité
Les bactéries intestinales, piste de recherche pour traiter le diabète
Virgin Galactic prépare un nouveau vol d'essai, plus près de la frontière de l'espace
Au Bangladesh, le combat d'un homme pour sauver les arbres un par un
 LES PLUS LUS 
Confirmation de présence de glace à la surface de la Lune
La momification, un procédé plus ancien qu'on ne le pensait
Un satellite européen inédit d'étude des vents mis sur orbite
Avec le Brexit, risque d'une pénurie de sperme au Royaume-Uni
Comment la fièvre jaune s'est propagée au Brésil
Un drone filme des images inédites d'un peuple isolé d'Amazonie
Inondations en Inde : alerte aux serpents avec la baisse des eaux
Un reste fossilisé d'enfant prouve l'accouplement entre deux espèces humaines
Un examen ophtalmologique expérimental pourrait détecter Alzheimer
Pas de niveau minimum d'alcool qui soit sans danger pour la santé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.033 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.