ACCUEIL | FLUX RSS
Vendredi 22 Mars 2019

SANTE - Publié le 30/11/2017 à 13:34


Cancer du poumon: MSD lance un traitement en France et appelle à une réforme



Alors qu'un accord sur le prix du Keytruda, un anticancéreux innovant qui va coûter 6.000 euros par mois par patient, a été trouvé entre les pouvoirs publics et le laboratoire américain MSD (Merck), ce dernier appelle à une réforme des "conditions d'accès précoces".

La France rejoint désormais la majorité des pays d'Europe de l'Ouest où ce traitement est remboursé en "première ligne" (c'est-à-dire en tant que premier traitement administré) pour le cancer du poumon.

Le Keytruda (aussi appelé pembrolizumab) était déjà disponible en deuxième ligne contre le mélanome (cancer de la peau). Prochainement, il devrait être prescrit à environ 6.000 patients atteints de cancer du poumon, soit environ 25% des cancers dits "non à petites cellules" (75% à 80% des cancers du poumon).

Cette thérapie "ne concerne pas tout le monde", a expliqué mardi, lors d'un point de presse organisé par MSD, Christos Chouaid, pneumologue au CHI de Créteil.

En effet, le Keytruda est une immunothérapie qui, au lieu de s'attaquer directement à la tumeur, "cible le système immunitaire pour qu'il fasse son travail contre la maladie", a précisé Aurélien Marabelle, directeur clinique à l'institut Gustave Roussy, lui aussi invité par le laboratoire.

Le pembrolizumab, en bloquant un récepteur utilisé par la tumeur et qui empêchait les défenses immunitaires de reconnaître la tumeur comme telle, ne peut être administré qu'à des patients dont le cancer exprime ce type biomarqueur.

A 6.000 euros par mois pour 6.000 patients, le coût avoisinerait les 432 millions d'euros par an. Un montant non négligeable pour l'Assurance maladie qui souhaite, selon le journal Les Echos, "contenir en dessous de 600 millions d'euros par an la dépense liée à Keytruda et Opdivo", ce dernier coûtant 5.400 euros par mois pour un malade de 70 kg.

Le laboratoire américain souligne qu'il a fait un effort en baissant ses tarifs de 17% par rapport au précédent prix négocié pour le mélanome.

"Nous avons conscience d'évoluer dans un environnement économique contraint", a fait valoir Nassima Minoun, directrice oncologique MSD France.

Révolutionnaire

Lorsque les patients sont traités au pembrolizumab dès le diagnostic, les résultats sont bien meilleurs que les autres traitements actuellement sur le marché. "Nous doublons la survie globale par rapport à la chimiothérapie", s'est réjouie Mme Minoun.

La moitié des patients sont ainsi toujours vivants après 30 mois de traitement, contre 14,2 mois pour ceux sous chimiothérapie.

Le traitement, injecté par voie intraveineuse une fois toutes les trois semaines pendant environ 30 minutes, peut déclencher certains effets secondaires, parfois graves avec le développement de maladies auto-immunes. Elles sont cependant rares et la prise en charge reste globalement plus légère que pour les autres traitements.

Un argument que ses promoteurs utilisent pour relativiser le coût du traitement.

Toutes ces données, qualifiées de "révolutionnaires" par M. Marabelle, pourraient bouleverser le secteur. Selon lui, les centres de lutte contre le cancer "basés sur la lourdeur de la chimiothérapie" avec les multiples hospitalisations nécessaires vont devoir faire évoluer leur modèle économique.

Multiples indications

Surtout, les laboratoires ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin, la majorité accentuant les efforts de recherche en immuno-oncologie, une tendance qualifiée de "buzz général" par un analyste de Bryan Garnier.

MSD, de son côté, travaille à d'autres extensions de son produit: cancer de la vessie et lymphome de Hodgkin. A moyen et long termes, le laboratoire espère obtenir plus d'une dizaine d'indications et une trentaine de cancers pourrait répondre à ce type de thérapies, selon M. Marabelle.

Aujourd'hui, les laboratoires peuvent demander une Autorisation temporaire d'utilisation (ATU) pour que les malades puissent bénéficier des avancées thérapeutiques avant que le processus de négociation ne soit bouclée.

Merck en avait ainsi obtenu une il y a plus de deux ans pour le Keytruda, dans le cadre du mélanome. Mais pour les extensions d'indications, il faut repasser par le parcours classique et attendre qu'un prix soit fixé.

Ce qui fait dire à MSD, que l'immuno-oncologie illustre "la fin d'un système" d'accès précoces au médicament établi avec le VIH.

Pour Cyril Schiever, président de MSD France, le dispositif d'évaluation doit permettre que la négociation ait lieu "en parallèle de la disposition des produits".

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Journée nationale du sommeil : comment trouver son rythme idéal ?
Poissons panés: trop d'additifs, d'arômes et de sucres ajoutés, dénonce la CLCV
Ebola en RDC: un cas confirmé à Bunia, une des grandes villes de l'Est
Les lingettes contenant un conservateur toxique ne doivent pas être utilisées sur les fesses des bébés
Papillomavirus: appel pour la vaccination des filles mais aussi des garçons
Possible d'éradiquer la tuberculose en 25 ans, avec de l'argent
Boire du thé très chaud augmente les risques de cancer de l'œsophage
La grippe à l'origine de 7.200 décès, l'épidémie bientôt terminée
Les maladies de peau sont plus courantes qu'on ne le croit
Antibiotiques: les virus phages, une alternative qui se concrétise
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Une tortue sacrée embaumée pour l'éternité au Vietnam
Une fusée Vega met sur orbite un satellite d’observation de la Terre pour l’Italie
Chili: faire pousser des légumes dans le désert le plus aride du monde
Climat: les géants de l'énergie ont dépensé 1 milliard de dollars en lobbying depuis la COP21
Le plastique menace toute vie aux Galapagos
 LES PLUS LUS 
Beurk ou miam? La différence est plus dans la tête que dans l'assiette
Microbiote: à la découverte de notre jardin intérieur
Climat: Mars n'est pas un plan B pour l'humanité, met en garde une astronaute
Froid dedans, plus chaud dehors: l'Inde dans le cercle vicieux des climatiseurs
Cop24: Réduire le gaspillage et consommer moins de viande pour nourrir la terre en 2050 selon une étude
Dans la violente Ciudad Juarez, réhydrater des cadavres pour les identifier
Une technique de poterie millénaire remise au goût du jour contre le gaspillage de l'eau
En Saône-et-Loire, une usine change les déchets en biogaz
Qu'est-ce que tu veux pour Noël? Un test ADN!
L'UE sans plastiques à usage unique en 2021
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.034 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.