ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 18 Octobre 2018

SANTE - Publié le 23/04/2018 à 21:21


Alcool et santé: la filière viticole sous pression pour clarifier ses étiquettes



Le secteur des vins et alcools, deuxième poste d'exportation en France derrière l'aéronautique, se retrouve sous pression des autorités de santé publique qui souhaitent avertir mieux sur les dangers de l'alcool pour les populations à risque, notamment les femmes enceintes.

Le logo d'interdiction instauré en 2006 au dos des bouteilles d'alcool, montrant un profil de femme enceinte dans un cercle barré, est pourtant explicite.

"La recommandation est claire, les femmes enceintes ne doivent pas boire du tout de vin en raison du risque d'alcoolisation foetale", indique à l'AFP Joël Forgeau, président de Vins et Société, l'organisme représentant la filière viticole qui négocie les termes d'un "plan global de prévention" des populations à risque avec le ministère de la Santé.

Les autorités sanitaires trouvent toutefois le logo trop petit. Elles souhaitent le rendre plus visible et plus clair. Déjà Marisol Touraine s'était emparée du sujet, avant l'actuelle ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Alors que plusieurs médecins addictologues et militants contre l'alcoolisme ont témoigné lundi des risques de l'alcool, "responsable en France de 49.000 morts dont 15.000 cancers", une concertation a officiellement démarré la semaine passée entre la filière et le gouvernement pour "améliorer la lutte contre les addictions".

Un plan, proposé par la filière viticole, celle des alcools et les brasseurs, est "en cours d'écriture" et doit être présenté au gouvernement "d'ici l'été", a assuré M. Forgeau.

Outre l'indication pour les femmes enceintes, il devrait aussi porter sur la consommation d'alcool par les mineurs, la conduite de véhicules et la consommation abusive.

"Si on nous propose un logo de deux centimètres, cela risque d'être un problème, car nos étiquettes sont petites. Mais nous devrions pouvoir trouver un compromis via les couleurs pour le rendre plus visible, ce n'est pas un sujet d'opposition", estime un responsable viticole.

Listes d'ingrédients: un problème complexe

Sur le plan européen en revanche, la filière est engagée dans d'autres discussions beaucoup plus complexes portant sur l'ajout sur les étiquettes d'une liste des ingrédients du vin.

"Depuis une quarantaine d'années, contrairement aux autres denrées alimentaires, les vins et alcools en sont exemptés au niveau européen, mais nous voulons répondre aux demandes des consommateurs qui exigent plus de transparence", note Eric Tesson, responsable de la CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie à Appellations d'Origine Contrôlée) qui représente les 17 régions viticoles françaises, soit 70% du vignoble français environ.

Les producteurs de bière affichent déjà leurs ingrédients sur les bouteilles. Mais c'est plus facile que pour le vin, car il s'agit d'une "recette". En clair, toujours les mêmes ingrédients.

Le vin, lui, change sa formulation chaque saison, chaque année, en fonction des conditions climatiques, du soleil, de la pluie... Il faut en réguler l'acidité, le sucre, les tanins par l'ajout de divers additifs.

Le taux d'alcool est toujours indiqué ainsi que la présence de sulfites ajoutés, car ils sont potentiellement allergènes. Pour le reste des ingrédients, cela "crée beaucoup de complications administratives si les étiquettes doivent changer tous les ans et s'adapter à chaque marché", souligne M. Tesson.

Selon lui, cela pourrait même mettre en danger certains petits producteurs.

Du coup, les fédérations viticoles européennes représentant le négoce, les producteurs et les vins à appellations, dont la CNAOC est membre, ont fait une proposition globale, prévoyant la possibilité de faire cet affichage en ligne sur un site dédié, accessible via un QR code à scanner par le consommateur.

"Nous sommes dans l'attente de la réponse de la DG Santé", indique M. Tesson. "Mais nous ne souhaitons pas en rester au stade de l'autorégulation, nous souhaitons que l'UE adopte une régulation unique, nous demandons une harmonisation européenne sur le sujet."

Handicap: le nombre de bénéficiaires de l'AAH a doublé depuis 1990
Plus de 600.000 décès en France en 2017, nouveau record depuis l'après-guerre
La dépression a progressé en France ces dernières années
À l'ombre des vignes de Niagara, le cannabis a remplacé les orchidées
Le cannabis, nouvel eldorado des géants de l'alcool?
Mieux vaut pousser tôt au premier accouchement, conclut une expérience américaine
Près d'un Français sur trois a renoncé à des soins ces derniers mois
Les cabines de bronzage mises à l'index
Première greffe de foie d'une mère séropositive à son enfant
Cent ans après la grippe espagnole, le monde n'est pas à l'abri d'une pandémie
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Cap sur Mercure et ses mystères pour deux sondes spatiales
Un robot invité à parler d'intelligence artificielle devant des députés britanniques
Japon: sentir l'humain, assis, couché, dans son bain, au travail...
Climat: le monde a atteint un point de non retour, selon Ban Ki-moon
Les deux rescapés de Soyouz racontent leur atterrissage d'urgence
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.068 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.