ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 20 Janvier 2019

TECHNOLOGIES - Publié le 25/05/2018 à 22:02


La blockchain fait rêver le secteur de la santé



Sécuriser les échanges de données de patients, améliorer la conduite des essais cliniques ou la traçabilité des médicaments: les promesses de la blockchain font rêver le secteur de la santé qui commence à l'expérimenter, mais à petite dose et en ordre dispersé.

Technologie sous-jacente au bitcoin et autres monnaies virtuelles, la blockchain consiste en une "chaîne de blocs" de transactions chiffrées. Une sorte de livre de comptes décentralisé, car tenu par tous les acteurs qui y ont accès, mais réputé inviolable: car plus la chaîne s'étend, plus elle contient de maillons qu'il faudrait briser et remplacer auprès de tous les acteurs en même temps.

L'engouement pour cette technologie a déjà gagné de nombreux secteurs d'activité allant de la finance à la logistique, de l'industrie agroalimentaire à l'énergie en passant par le transport aérien.

En santé, elle commence aussi à faire l'objet de projets pilotes pour analyser des données de santé, garantir la sécurité de dispositifs médicaux et gérer des dossiers électroniques de patients.

"Il est possible de multiplier à l'infini ses applications et de l'utiliser pour conduire des essais cliniques, accélérer l'approbation de nouveaux traitements, réduire les risques de contrefaçon et renforcer la transparence des coûts", s'est récemment enthousiasmé le géant pharmaceutique français Sanofi dans une note sur le sujet.

- Respecter le droit à l'oubli -

Aux Etats-Unis, IBM Watson Health travaille depuis plus d'un an avec l'agence américaine du médicament, la FDA, pour élaborer un système d'échange de données de santé sécurisé, efficace et évolutif à partir de la technologie blockchain.

Toujours avec IBM, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), critiqués pour la gestion de plusieurs cas d'infection au virus Ebola aux Etats-Unis en 2014, planchent sur un système basé sur la blockchain qui permettrait d'assurer un meilleur suivi épidémiologique en cas de nouvelle crise sanitaire.

En Europe, le projet MyHealthMyData conçoit quant à lui un modèle de blockchain pour la santé compatible avec le nouveau règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), applicable depuis ce vendredi dans l'Union européenne.

"Nous ne stockons dans la blockchain que des liens vers les informations, et non les informations elles-mêmes", précise à l'AFP David Manset, coordinateur de MyHealthMyData et directeur de be-studys, filiale de recherche-développement de be-almerys, gestionnaire de flux de tiers-payant pour des organismes de complémentaire santé.

Financé à hauteur de 3,5 millions d'euros par l'UE et disposant de nombreux partenaires, dont l'allemand Siemens, MyHealthMyData vise en priorité à faciliter l'accès, la mise à disposition et le partage de données de santé dans le cadre d'essais cliniques, dont les tâches administratives absorbent actuellement "80% du temps des chercheurs", selon M. Manset.

Mais comment concilier les droits des personnes à disposer de leurs données, dont le "droit à l'oubli" consacré par le RGPD, avec la blockchain dont l'intérêt réside justement dans l'immuabilité et la mémoire permanente de tous ses maillons?

MyHealthMyData propose une parade: si une personne souhaite effacer définitivement ses données de la chaîne, les liens vers ses informations pourront être rompus, mais sans pour autant briser la chaîne dans son ensemble. "Les maillons concernés resteront en place, mais deviendront amorphes", explique M. Manset.

- La cerise sans le gâteau -

Bien qu'elle soit associée par beaucoup à l'image sulfureuse des cryptomonnaies, "nous voyons plutôt la blockchain comme un rassembleur de tiers de confiance", ajoute-t-il.

Anca Petre, cofondatrice de 23 Consulting, jeune cabinet de conseil spécialisé sur le potentiel de la blockchain en santé, voit toutefois mal une adoption rapide et à grande échelle de cette technologie dans le secteur.

"Il faudrait pour cela disposer de données 100% numériques et de logiciels interopérables" chez tous les acteurs, ce qui est très loin d'être le cas aujourd'hui, explique-t-elle à l'AFP.

Il s'annonce par ailleurs difficile de fédérer tous les acteurs d'un secteur aussi vaste et sensible que celui de la santé.

"Le premier enjeu, c'est de mettre tout le monde d'accord", ce qui "mettra du temps", prévient ainsi Luca Comparini, responsable blockchain chez IBM France, interrogé par l'AFP au salon Vivatech à Paris.

"La blockchain, c'est la cerise sur le gâteau. Mais il faut faire le gâteau avant", résume Mme Petre.

Cancer : privés de larynx mais pas de leur voix, grâce à une application tchèque
En 2019, le Net va-t-il supplanter la télé?
Les internautes plus âgés partagent davantage d'infox
De l'eau potable avec de l'air, quand la tech vient au secours des sinistrés
Un milliardaire japonais bat le record du tweet le plus partagé de l'histoire
Au CES, les robots savent tout faire, même le pain
Télés, smartphones: cap sur les écrans pliables et enroulables
Un Google du dark web pour naviguer dans le monde obscur du net
Procrastination et GPA, vedettes 2018 des recherches Google
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Échec du lancement d'un satellite par l'Iran
Se peindre des rayures blanches sur le corps protégerait des taons
Hécatombe en Australie: un million de poissons d'eau douce retrouvés morts
Restaurer l'environnement: quand les solutions deviennent problèmes
Un nouveau médusarium hypnotique pour sensibiliser à la santé des océans
 LES PLUS LUS 
Beurk ou miam? La différence est plus dans la tête que dans l'assiette
L'empire contre-attaque ou le retour de Microsoft au sommet
Climat: une ado en colère plaide en faveur des générations futures
Attaque sur les petits écrans: le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique
Microbiote: à la découverte de notre jardin intérieur
Naissance du premier bébé grâce à une greffe d'utérus d'une donneuse décédée
Une lettre d'Einstein sur Dieu vendue 2,89 millions de dollars
L'hiver est là, le charbon brûle, les Balkans suffoquent
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
Premier vol habité à destination de l'ISS depuis le lancement raté
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.042 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.