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Lundi 20 Août 2018

PLANETE - Publié le 08/06/2018 à 14:42


Le gouvernement au chevet des Antilles envahies par les sargasses



Les sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques, envahissent le littoral antillais, avec un impact sur le tourisme et le quotidien des riverains: Nicolas Hulot et Annick Girardin se rendent dimanche aux Antilles pour présenter un "plan national de lutte" contre cette "calamité".

Depuis février, ces algues brunes, dont l'origine reste incertaine, arrivent en masse sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, et même de Guyane. Elles s'amoncèlent sur les rivages, salissent plages et ports, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.

Ce n'est pas la première fois que ces algues envahissent le littoral antillais depuis leur apparition massive, en 2011. Mais le phénomène n'a "jamais été aussi important que cette année", souligne la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

En Martinique, de nombreuses communes de la façade atlantique sont affectées comme la ville du Robert, ainsi que les communes du sud de la côte caraïbe. Depuis le 27 avril, 7.750 tonnes de sargasses ont été ramassées dans l'ile, selon la préfecture.

En Guadeloupe, les communes du Gosier, Sainte-Anne, Saint-François et surtout Petit-Bourg ont été particulièrement touchées, impactant là encore vie quotidienne et économie touristique.

Partout, sur des kilomètres de rivages, des algues brunâtres empoisonnent l'air, entrainant des interdictions de baignades sur de nombreuses plages, mais aussi des fermetures de classes, comme au Robert ou plus récemment à Petit-Bourg, où le maire a pris un arrêté de fermeture préventive après que l'Agence régionale de santé a relevé "un taux d'émanation de gaz dû à la dégradation des algues sargasses atteignant les 6 ppm (partie par million, NDLR)".

Jusqu'à 5 ppm, l'ARS déconseille aux personnes fragiles (femmes enceintes, bébés, personnes âgées ou asthmatiques... ), de rester à proximité des émanations. Au-delà, seuls "les professionnels équipés de moyens de mesures avec alarmes" peuvent approcher de la zone.

- Ramassage rapide -

Début mai, l'Etat a annoncé une rallonge des crédits, pour atteindre 3 millions d’euros, destinés à l'acquisition de machines de ramassage et d’équipements de protection individuels pour les équipes sur le terrain. L'objectif étant de collecter rapidement les algues après leur échouage, avant qu'elles ne dégagent leurs gaz toxiques.

Pour cela, sont notamment mobilisés des agents de la sécurité civile, ainsi que les régiments de service militaire adapté (RSMA).

Ces algues sont "une calamité supplémentaire dont les Antilles se seraient bien passées et dont nous n'avons probablement pas, ici en métropole, pris toute la mesure", a reconnu le ministre de la Transition écologique à l'Assemblée fin mai.

Pour Annick Girardin, il y a nécessité d'"un plan d'action national" et "de plans territoriaux" pour "réagir immédiatement" en cas d'arrivée des sargasses. Mais elle a regretté que cela n'ait jamais été fait avant, se demandant "pourquoi il faut attendre une année où on est complètement submergé pour qu'enfin un gouvernement dise +il faut un plan d'action+".

Les ministres se rendront notamment à Petit Bourg, mais aussi à la Désirade, Marie-Galante et Terre-de-Bas aux Saintes, partiellement coupées du monde début mai par des algues trop nombreuses à l'entrée des ports.

La menace était toujours présente jeudi à La Désirade, comme en témoigne un tweet du préfet de Guadeloupe Philippe Gustin: "L'île est très impactée par les sargasses. Il nous faut continuer à travailler ensemble, sans relâche, pour éviter son enclavement".

Outre des réponses en matière de santé, la population attend aussi des solutions du côté des assurances et des indemnisations. Car les conséquences sont lourdes pour l'économie touristique, les entreprises de pêche ou les compagnies maritimes. Et beaucoup déplorent les conséquences de cette pollution également sur les appareils électroniques ménagers, que le sulfure d'hydrogène détruit.

Plusieurs élus ont d'ailleurs réclamé un classement en catastrophe naturelle. Une procédure impossible, en raison d'une législation très contraignante.

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