ACCUEIL | FLUX RSS
Lundi 22 Avril 2019

RECHERCHE - Publié le 16/08/2018 à 00:13


Le probable successeur des néonicotinoïdes néfaste aux bourdons



Le sulfoxaflor, tout comme les néonicotinoïdes, a un impact négatif sur la santé des colonies de bourdons, selon une étude publiée mercredi qui met en garde contre le remplacement des pesticides controversés par cette nouvelle substance.

Les néonicotinoïdes, utilisés en pulvérisation ou pour enrober les semences, s'attaquent au système nerveux des insectes, et désorientent et affaiblissent les pollinisateurs.

Face à la multiplication des études scientifiques soulignant leur nocivité pour les abeilles, un certain nombre de pays ont revu leur politique.

Ainsi, l'utilisation de trois d'entre eux sera interdite à partir de fin 2018 dans l'UE pour toutes les cultures. En France, cinq d'entre eux seront interdits pour toute utilisation phytosanitaire à partir du 1er septembre.

Dans cette situation qui crée une demande pour des produits alternatifs, les insecticides à base de sulfoximine comme le sulfoxaflor, autorisés ou en passe de l'être dans plusieurs pays, "sont les plus probables successeurs" des néonicotinoïdes, avec qui ils partagent "le même mode d'action biologique", note l'étude publiée dans la revue Nature.

Il y a donc une "urgence" à tester les effets non mortels de cette substance, "rarement détectés" lors des évaluations standard.

Les chercheurs de l'université Royal Holloway de Londres ont exposé 25 ruches de bourdons terrestres (Bombus terrestris) à des doses de sulfoxaflor comparables à une exposition dans un champ pulvérisé, et comparé leur évolution avec 26 ruches "témoin".

Entre deux et trois semaines après le début de l'expérience sur ces toutes nouvelles ruches, "les impacts négatifs sur l'efficacité de la reproduction des colonies traitées sont apparus", notent-ils, soulignant la similarité avec de précédents tests sur l'exposition aux néonicotinoïdes.

Dans un premier temps, les ruches exposées ont produit moins de bourdons +ouvriers+.

Ensuite, elles ont donné naissance à 54% de moins de bourdons capables de se reproduire que dans les colonies témoin, "suggérant que dans un contexte de pollinisateurs sauvages, l'exposition au sulfoxaflor pourrait conduire à des conséquences environnementales similaires aux néonicotinoïdes s'il était utilisé sur des cultures" attirant abeilles ou bourdons.

Au delà de ce produit spécifique, les chercheurs plaident pour une modification des processus d'évaluation des pesticides.

"Pour éviter des situations dans lesquelles des pesticides comme les néonicotinoïdes sont remplacés par des produits également controversés", les structures décidant des autorisations de mise sur le marché "devraient évoluer vers une approche basée sur les preuves qui évalue à la fois les impacts létaux et non létaux d'un nouvel insecticide comme le sulfoxaflor sur les organismes qu'il ne vise pas", insistent-ils.

Apiculteurs et associations de défense de l'environnement s'inquiètent du possible remplacement des néonicotinoïdes par ce qu'ils appellent parfois "néonicotinoïdes de nouvelle génération", comme le sulfoxaflor ou le flupyradifurone qu'ils accusent d'être tout aussi néfastes pour les abeilles.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Quand des cerveaux de porcs continuent de fonctionner après leur mort
Vieillissement: stimuler les ondes du cerveau pour préserver un type de mémoire
Des chercheurs créent des molécules à fort potentiel pour traiter le virus Zika
Réduire l'obésité et la consommation d'alcool pour prévenir 30.000 cas de cancer du sein en 10 ans
Les acides gras oméga 3 pourraient diminuer les symptômes des enfants asthmatiques
Une écossaise insensible à la douleur grâce à une rare mutation génétique
Même en faible quantité, la viande rouge serait néfaste pour la santé
Et si le cerveau humain continuait à fabriquer de nouvelles cellules malgré la vieillesse?
La consommation de légumes colorés permettrait de réduire le risque de cataracte
Perdre du poids, une solution pour réduire les migraines des personnes obèses
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Des archéologues ajoutent l'urine à leur boîte à outils
Argentine: découverte d'un cimetière de dinosaures datant de 220 millions d'années
L'un des plus grands mammifères terrestres découvert au Kenya
Le plus gros perroquet du monde profite du réchauffement climatique
Vivre comme sur Mars? Une base ouvre dans le désert chinois
 LES PLUS LUS 
Les nuits lunaires plus froides que prévu, selon la sonde chinoise
Un dinosaure se défendant avec ses épines découvert en Argentine
Le jour se lève pour des panneaux solaires révolutionnaires
Une momie d'Equateur, clé pour savoir comment une grave maladie a atteint l'Europe
Le petit-déjeuner ne favoriserait pas forcément la perte de poids
L'image que l'on a de son corps peut dépendre de l'entourage
Tout un défi de sauver la tombe de Toutankhamon du tourisme de masse
Le Nord magnétique fonce du Canada vers la Sibérie
Le désert médical, un mal dont souffrent les Français des villes moyennes
Ouganda: saisie d'ivoire et d'écailles de pangolin, deux Vietnamiens arrêtés
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.037 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.