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Mardi 25 Septembre 2018

CIEL&ESPACE - Publié le 14/09/2018 à 22:01


Un laser dans l'espace pour mesurer la glace sur la Terre



L'agence spatiale américaine NASA a prévu de lancer samedi son laser le plus avancé jamais placé en orbite, l'ICESat-2, une mission d'un milliard de dollars destinée à révéler l'ampleur de la fonte des glaces sur une Terre qui se réchauffe.

Le satellite d'une demie-tonne doit être propulsé par une fusée Delta II depuis la base Vandenberg de l'US Air Force en Californie. La fenêtre de tir, de quarante minutes, doit s'ouvrir à 5h46 locales (8h46 heure du Québec).

Cette mission est «extraordinairement importante pour la science», a relevé Richard Slonaker, responsable du programme ICESat-2 à la NASA, à des journalistes.

Car depuis près de dix ans l'agence ne disposait plus d'un instrument en orbite pour mesurer l'épaisseur des superficies recouvertes de glace à travers la planète.

La mission précédente, ICESat, a été lancée en 2003 et s'est achevée en 2009. Grâce à elle, les scientifiques ont appris que la banquise s'affinait et que les surfaces recouvertes de glace disparaissaient des régions côtières du Groenland et de l'Antarctique.

Depuis, des relevés ont été effectués grâce à un avion dans le cadre d'une mission baptisée Operation IceBridge qui a survolé l'Arctique et l'Antarctique. Des «mesures de hauteur et des données sur l'évolution de la glace» ont été récoltées, a expliqué la NASA.

Mais une mise à jour est nécessaire de toute urgence.

L'utilisation croissante des sources d'énergie fossile par l'humanité entraîne une hausse constante des émissions de gaz à effet de serre, considérés comme les principaux responsables du changement climatique.

La température mondiale moyenne augmente année après année, les quatre années les plus chaudes des temps modernes ayant été enregistrées entre 2014 et 2017.

La couche de glace s'amenuise dans l'Arctique et le Groenland, accentuant le phénomène de hausse du niveau des océans qui menace des centaines de millions d'habitants des régions côtières du monde entier.

Le tout nouveau ICESat-2 devrait aider les scientifiques à comprendre l'ampleur de la contribution de la fonte des glaces à la montée des océans.

Laser de rechange

«Nous allons être capables de regarder spécifiquement la façon dont la glace évolue sur une seule année», a relevé Tom Wagner, un chercheur du programme cryosphère (glace terrestre) de la NASA.

Combiner ces relevés précis avec ceux rassemblés au fil des ans devrait donner un coup de fouet à la compréhension du changement climatique et améliorer les prévisions sur la hausse du niveau des mers, a-t-il ajouté.

L'ICESat-2 est équipé de deux lasers - dont l'un de rechange au cas où - beaucoup plus perfectionnés que le modèle à bord de la mission précédente.

Malgré sa puissance, le rayon ne sera pas chaud au point de faire fondre la glace depuis le poste d'observation orbital déployé à quelque 500 kilomètres au-dessus de la Terre, a relevé la NASA.

Il tirera 10 000 fois par seconde, contre quarante fois pour son prédécesseur, ce qui fournira des données beaucoup plus détaillées.

Des mesures seront prises tous les 70 centimètres sur la trajectoire du satellite.

«La mission va récolter suffisamment de données pour quantifier les changements annuels d'épaisseur de la couche de glace au Groenland et dans l'Antarctique, même si ce n'est que de quatre millimètres à peine», a indiqué l'agence spatiale américaine.

Outre l'épaisseur et la superficie de la couche de glace, le laser va aussi mesurer la pente sur laquelle elle est posée.

«L'une des choses que nous essayons de faire est de décrypter les changements qui s'opèrent à l'intérieur de la glace, et cela va énormément améliorer notre compréhension en la matière, en particulier dans les régions où nous ne savons pas bien encore comment ils évoluent», a expliqué M. Wagner, citant les grandes profondeurs de l'Antarctique comme l'une de ces zones mystérieuses.

La mission est censée durer trois ans, mais le satellite dispose d'assez de carburant pour perdurer pendant une décennie, si ses responsables décidaient de prolonger sa durée de vie.

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