ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 18 Octobre 2018

SANTE - Publié le 24/09/2018 à 11:19


La médiatisation du terrorisme influence les déséquilibrés



La médiatisation du terrorisme pousse à l'action des malades mentaux ou des sujets aux personnalités fragiles mais il ne faut pas les confondre avec les vrais jihadistes dont les ressorts sont d'abord politiques, préviennent des experts.

Au cours des dernières années des attaques semblant improvisées, souvent menées à coups de couteau ou avec des véhicules, ont été menées par des hommes n'ayant aucun rapport avec la mouvance jihadiste mais souffrant de troubles mentaux ou de désordres psychiques plus ou moins graves.

Une étude de la DGSI (Services de renseignements intérieurs français) révèle que de 2010 à 2016 sur les 71 personnes impliquées dans une action terroriste en France, 30% souffraient de "failles psychologiques".

C'est ce que le psychiatre Marc Sageman, ancien agent de la CIA au Pakistan, aujourd'hui expert auprès de la justice américaine dans de nombreux procès de jihadistes, appelle "l'effet copycat".

"Les comportements terroristes sont médiatisés et ces gars qui ont des problèmes psychiatriques se disent +pourquoi je ne le ferais pas+", explique-t-il à l'AFP. "Ils ne sont en rien radicalisés, mais les terroristes font la Une des journaux et eux veulent faire la même chose."

"Je pense à ce Japonais qui voulait se suicider, en 2005", poursuit-il. "Il a lu dans les journaux sur les attentats de Londres qui ont fait 52 morts. Il a tenté de construire une veste explosive pour se faire sauter dans le métro. C'était sa forme de suicide. Sa veste n'a pas fonctionné, il a été arrêté par la police qui lui a demandé pourquoi il a fait ça. Il a répondu: +Je l'ai vu dans le journal+."

- "Les sociétés sont aveuglées" -

Après avoir étudié les trajectoires de centaines de membres du réseau Al Qaïda, Marc Sageman conclut: "mon échantillon montre qu'ils sont en meilleure santé mentale que la population générale. Les gens qui passent à l'action pour les imiter n'ont pas de problèmes politiques mais des troubles mentaux divers. Il faut faire attention: confondre les types comme ça avec les vrais terroristes, c'est se condamner à ne rien comprendre", dit-il.

Une note confidentielle de l'Unité de coordination de la lutte anti-terroriste en France datée d'octobre 2017, révélée la semaine dernière par Le Figaro et dont l'AFP a eu connaissance, pose la question: "Les terroristes sont-ils +fous+ ?"

"La question n'est pas tant de définir une psychopathologie du terroriste, laquelle est introuvable, que de noter que la radicalisation joue aussi sur un faisceau d'affects que l'ont retrouve bien sûr chez d'autres jeunes au comportement suicidaire (comme les lycéens américains qui font un massacre dans leur établissement et se suicident après)", écrivent les experts de l'Uclat.

La note conclut: "le crime politico-religieux ne détient pas le monopole de la +folie+. La dimension psychologique du passage à l'acte est manifeste aussi bien de la part d'auteurs d'actes terroristes que d'auteurs d'infractions de droit commun, les deux présentant souvent un profil commun".

Certains auteurs de massacres, même quand ils ont été revendiqués par le groupe jihadiste État islamique (EI), resteront sans doute à jamais des mystères. Ainsi, moins d'un an après la tuerie de Las Vegas au cours de laquelle il a tué 58 personnes depuis sa chambre d'hôtel, rien n'a pour l'instant permis de comprendre les motivations du tireur, Stephen Craig Paddock, un retraité sans histoires.

"J'ai dit plusieurs fois que le massacre de Nice" (86 personnes tuées en juillet 2016 par un Tunisien de 31 ans fonçant dans la foule avec un camion) ne relevait pas du jihadisme" confiait récemment à l'AFP Farhad Khosrokhavar, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

"J'ai souligné que son auteur avait des problèmes mentaux énormes, mais personne ne vous écoute", poursuit-il. "Il y a des moments où les sociétés sont aveuglées. Et elles font du coup le jeu de Daech. C'est un jeu de dupes que tout le monde joue, en toute sincérité".

Handicap: le nombre de bénéficiaires de l'AAH a doublé depuis 1990
Plus de 600.000 décès en France en 2017, nouveau record depuis l'après-guerre
La dépression a progressé en France ces dernières années
À l'ombre des vignes de Niagara, le cannabis a remplacé les orchidées
Le cannabis, nouvel eldorado des géants de l'alcool?
Mieux vaut pousser tôt au premier accouchement, conclut une expérience américaine
Près d'un Français sur trois a renoncé à des soins ces derniers mois
Les cabines de bronzage mises à l'index
Première greffe de foie d'une mère séropositive à son enfant
Cent ans après la grippe espagnole, le monde n'est pas à l'abri d'une pandémie
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Cap sur Mercure et ses mystères pour deux sondes spatiales
Un robot invité à parler d'intelligence artificielle devant des députés britanniques
Japon: sentir l'humain, assis, couché, dans son bain, au travail...
Climat: le monde a atteint un point de non retour, selon Ban Ki-moon
Les deux rescapés de Soyouz racontent leur atterrissage d'urgence
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.063 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.