ACCUEIL | FLUX RSS
Samedi 15 Décembre 2018

TECHNOLOGIES - Publié le 10/10/2018 à 13:21


Géothermie: les Philippines veulent rattraper le temps perdu



Les dizaines de volcans des Philippines sont, par la chaleur qu'ils renferment, une véritable mine d'or énergétique. Et Manille compte bien en profiter pour relancer son secteur géothermique et réduire sa dépendance à l'égard du fossile.

Grâce à sa position sur la "Ceinture de feu du Pacifique", une zone d'intense activité sismique, l'archipel a longtemps été un des plus gros producteurs d'énergie géothermique. Mais des années de négligences et de sous-investissements ont plombé le secteur.

Une série de nouveaux projets ont été lancés pour exploiter l'un des plus gros gisements de chaleur volcanique au monde et permettre aux Philippines de ne plus dépendre du charbon pour la production de la moitié de son électricité.

"C'est une évolution excitante", décrit à l'AFP Enrique Nunez, directeur de l'ONG Conservation International. "Dans un environnement où le charbon est roi, c'est une bonne chose".

Sur le site de Maibarara, à une heure au sud de Manille, des conduits métalliques brillants crachent une épaisse vapeur blanche sur une colline recouverte de jungle. Il s'agit d'une des usines qui ont été récemment rénovées.

Le principe est simple: la vapeur d'eau à très haute température captée dans les profondeurs de la Terre est remontée pour alimenter des turbines produisant l'énergie.

"Il n'y a pas de fumées", observe Paul Elmer Morala, le gestionnaire du site. "Cela fait un peu de bruit mais les voisins ne se plaignent pas".

Pendant des années, les Philippines furent, derrière les Etats-Unis, le deuxième producteur d'énergie géothermique au monde, avec le développement de projets dans les années 1970 et 1980 pour faire face au choc pétrolier.

Mais pour accompagner son essor économique ces dernières décennies, l'archipel s'est tourné vers le charbon, une source d'énergie moins chère et beaucoup plus facile à exploiter rapidement.

Depuis 2002, la quantité d'énergie tirée de la géothermie est demeurée plus ou moins constante tandis que celle provenant des centrales au gaz ou au charbon a triplé.

Et au début 2018, les Philippines ont même cédé leur deuxième place sur le podium de la géothermie à l'Indonésie, avec l'achèvement du projet gigantesque de Sarulla, sur l'île de Sumatra.

- "Très risqué" -

En juin, le gouvernement philippin a donné son feu vert à de nouveaux contrats d'exploration, après avoir ces dernières années accordé une dizaine de permis de puits d'exploration à des entreprises.

"Le but est bien sûr d'augmenter les capacités existantes", a déclaré à l'AFP Ariel Fronda, responsable du département des énergies renouvelables au ministère philippin de l'Energie.

"Il y a beaucoup d'intérêt pour les énergies renouvelables".

Les sept champs philippins de géothermie fournissent environ 12% de l'énergie utilisée dans l'archipel, et le projet est de doubler cette part d'ici 2040.

Les réserves philippines en géothermie sont les cinquièmes au monde, après les Etats-Unis, l'Indonésie, le Japon et le Kenya.

Identifier ces ressources est cependant particulièrement coûteux. Chaque puits d'exploration coûtant jusqu'à huit millions de dollars chacun, sans aucune garantie de succès.

"La géothermie, c'est très risqué", explique M. Fronda. Le gouvernement exige pour chaque projet d'exploration la construction de deux puits afin d'estimer plus précisément les réserves du site.

Si les Philippines ont reculé d'une place dans le classement mondial, elles restent un des grands acteurs du secteur de la géothermie, estime David Livingston, un expert des énergies renouvelables au sein du think-tank Atlantic Council.

"Les Philippines peuvent jouer un rôle de catalyseur pour susciter l'intérêt pour la géothermie d'autres Nations en développement, en particulier si ses projets les plus récents sont couronnés de succès", a-t-il dit.

La "ceinture de feu du Pacifique", où se situent les Philippines, est une des zones du monde où séismes et éruptions volcaniques sont les plus fréquents.

Procrastination et GPA, vedettes 2018 des recherches Google
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
L'empire contre-attaque ou le retour de Microsoft au sommet
Attaque sur les petits écrans: le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique
La chanteuse virtuelle japonaise Hatsune Miku à la conquête de l'Europe
Chine: la reconnaissance faciale traque la triche au marathon
Remplacer les zoos par des réserves virtuelles, le pari audacieux d'un ex-publicitaire
Le gouvernement annonce son plan pour la recherche en intelligence artificielle
Jeux d'immersion: la course aux salles de réalité virtuelle est lancée
Népal: le premier robot serveur prend les commandes
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La résilience provient d'anomalies dans le cerveau
Nos choix de carrière influencent notre personnalité
Les bactéries intestinales, piste de recherche pour traiter le diabète
Virgin Galactic prépare un nouveau vol d'essai, plus près de la frontière de l'espace
Au Bangladesh, le combat d'un homme pour sauver les arbres un par un
 LES PLUS LUS 
Confirmation de présence de glace à la surface de la Lune
La momification, un procédé plus ancien qu'on ne le pensait
Un satellite européen inédit d'étude des vents mis sur orbite
Avec le Brexit, risque d'une pénurie de sperme au Royaume-Uni
Comment la fièvre jaune s'est propagée au Brésil
Un drone filme des images inédites d'un peuple isolé d'Amazonie
Inondations en Inde : alerte aux serpents avec la baisse des eaux
Un reste fossilisé d'enfant prouve l'accouplement entre deux espèces humaines
Un examen ophtalmologique expérimental pourrait détecter Alzheimer
Pas de niveau minimum d'alcool qui soit sans danger pour la santé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.033 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.