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Samedi 17 Novembre 2018

TECHNOLOGIES - Publié le 29/10/2018 à 13:30


Hébergeur de centres de données, un métier en pleine croissance



Les hébergeurs qui accueillent les centres de données des grands opérateurs du cloud, l'informatique dématérialisée, et des multinationales sont en pleine expansion en Europe, surfant sur la numérisation de l'économie.

Dans de grands bâtiments climatisés, sécurisés et discrets, ils accueillent des centaines de serveurs, qui stockent et brassent les montagnes de données sur lesquelles reposent de plus en plus les vies des entreprises et des individus.

Les propriétaires de ces serveurs ? Ils peuvent être un des Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) champions du cloud, des opérateurs plus petits, ou de grandes entreprises qui ont renoncé à détenir leur infrastructure informatique dans leurs propres locaux.

Ces plateformes d'hébergement peuvent représenter une puissance électrique de 5, 10, voire 20 MW.

Elles offrent également des connexions directes avec les réseaux des opérateurs télécoms du monde entier et avec d'autres centres de données, évitant ainsi les transferts via les réseaux lents et encombrés d'internet.

Les Etats-Unis, où IBM vient de racheter le spécialiste des logiciels en open source Red Hat (système Linux) pour 34 milliards de dollars, ont longtemps été le terrain de chasse favori de ces hébergeurs. Mais le marché européen "est en train de rattrapper" le marché américain, explique à l'AFP Charles Meyers, le patron d'Equinix, groupe américain mondial leader du secteur.

Equinix a réalisé 1,5 milliard de dollars de chiffre d'affaires en Europe sur son dernier exercice, et connait actuellement un rythme de croissance "de 13-15%" par an sur le vieux continent, indique-t-il.

Le recours au cloud de plus en plus massif en Europe alimente une expansion "qui continue et qui dans certains cas s'accélère", estime Charles Meyers.

"Depuis deux ans, nous sommes à 14-15% de croissance", renchérit auprès de l'AFP Fabrice Coquio, le président de la filiale française d'Interxion, autre géant d'origine néerlandaise qui est au coude-à-coude avec Equinix sur le marché européen.

En Europe, la France s'est lancée un peu plus tardivement que d'autres pays comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, ou l'Allemagne.

Mais l'activité est en pleine expansion dans l'Hexagone, y compris pour des acteurs plus petits que les géants Equinix et Interxion (qui compte 50 sites dans 13 villes européennes).

Magdi Houry, patron d'Euclyde, qui détient six sites en France, revendique une croissance organique de son chiffre d'affaires de "18 à 20%" par an, et prévoit d'avoir environ 25 sites "d'ici une dizaine d'années".

- La France encore plus attractive -

Le développement de ces sites d'hébergement devrait se trouver encore stimulé par la décision mi-octobre du gouvernement de reconnaître les centres de données comme une industrie "électro-intensive", bénéficiant d'une fiscalité réduite sur l'électricité.

Le montant de leur taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité va passer à 12 euros par MW/H, contre 22,5 euros par MW/h actuellement.

Un bonus non négligeable pour les opérateurs de centres de données, dont la facture d'électricité représente souvent près de 30% des coûts.

"Cette décision rend la France (...) encore plus attractive pour nos investissements", affirme Charles Meyers, qui voit l'Hexagone s'installer comme un des points nodaux de l'économie numérique européenne.

Mais attention, prévient Fabrice Coquio, ces usines numériques géantes ne pourront pas être des outils d'aménagement du territoire, car elles ont tendance à se concentrer dans les mêmes grandes villes.

En France, Paris et sa région concentrent l'essentiel des plateformes accueillant les Gafam et les grands clients... à une exception près, Marseille, idéalement située à l'arrivée des câbles sous-marins arrivant d'Asie et du Moyen-Orient.

Interxion veut faire de Marseille le second point d'attraction des grands centres de données en France, et est en train de construire son troisième site dans la ville, dans une ancienne base allemande de sous-marins.

Un investissement "de 140 millions d'euros", indique Fabrice Coquio.

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