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Jeudi 13 Décembre 2018

SANTE - Publié le 15/11/2018 à 11:14


Don du sang et transfusion: les homosexuels n'ont pas augmenté le risque de transmission du VIH affirme une étude


AFP

L'ouverture du don de sang aux homosexuels en juillet 2016 n'a pas augmenté le risque de transmission du virus du sida par transfusion, qui reste "très faible en France", selon les premiers résultats d'une enquête publiée mercredi par l'agence sanitaire Santé publique France.

Le risque, qui n'a pas évolué depuis l'ouverture du don du sang aux homosexuels, se monte à "un don potentiellement infecté par le VIH et non détecté comme tel tous les deux ans", soit un sur 5,2 millions entre 2015 et 2017.

L'enquête, qui porte sur près de 110.000 donneurs, a été réalisée en vue "de considérer une ouverture plus large du don de sang" aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH), explique l'agence sanitaire.

L'ouverture du don du sang envers ces hommes s'est en effet accompagnée d'une restriction de taille: ils ne doivent pas avoir eu de rapport sexuel entre hommes dans les 12 derniers mois précédant le don.

L'enquête montre que cette condition n'est pas toujours respectée, mais suggère qu'elle pourrait l'être si la durée d'abstinence était raccourcie.

Parmi les donneurs hommes, 0,73% ont déclaré avoir eu des rapports sexuels entre hommes au cours des 12 derniers mois sans l'avoir indiqué avant le don, selon cette enquête baptisée Complidon.

Mais cette proportion baisse à 0,56% si on examine les quatre mois précédant leur don.

En outre, parmi les hommes qui ont eu des rapports sexuels entre hommes au cours des 12 derniers mois, un sur deux (46%) assure qu'il l'aurait signalé lors de l'entretien pré-don si la durée d'abstinence avait été plus courte.

- Manque de confidentialité -

Même s'il ne s'agit que de déclarations d'intention, cela suggère que ce fameux critère d'abstinence pourrait être davantage respecté si la durée était raccourcie, estime l'agence sanitaire.

"À la suite de données similaires, en novembre 2017, le Royaume‑Uni a autorisé les HSH à donner leur sang à condition qu'ils n'aient pas eu de rapports sexuels entre hommes dans les trois mois précédant le don", souligne-t-elle.

Toutefois, le respect des critères de sélection par les HSH dans les pays anglo-saxons est plus élevé. En Angleterre, par exemple, une étude menée en 2014 montrait que 0,4% des 31.000 hommes interrogés avaient eu des relations sexuelles entre hommes dans les 12 mois précédant le don.

En ce qui concerne l'enquête française, les hommes qui admettent avoir eu des relations sexuelles avec des hommes dans les 12 mois précédant leur dernier don ont le plus souvent moins de 30 ans et travaillent plus fréquemment dans le domaine de la santé.

Ils se plaignent du manque de confidentialité de l'entretien voire aussi du questionnaire et plus de la moitié (58%) refusent qu'il y ait des différences selon l'orientation sexuelle.

D'autres motifs sont évoqués pour n'avoir pas tout dit avant le don : 41% utilisent systématiquement un préservatif. Vingt-deux pour cent ont le même partenaire depuis au moins 12 mois et 11% n'ont eu qu'un seul rapport avec un homme au cours des douze derniers mois précédant le don.

Plus de la moitié (52,6%) des 108.386 donneurs de sang de l'enquête étaient des femmes. Quelque 85,1% étaient des donneurs connus. L'âge médian de ces personnes qui avaient fait un don entre le 10 juillet 2016 et décembre 2017 était de 38 ans.

Pour le don de plasma sécurisé par quarantaine, qui sert essentiellement à fabriquer des médicaments (immunoglobulines, facteurs de coagulation...), les critères de sélection sont désormais les mêmes que pour les hétérosexuels.

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