ACCUEIL | FLUX RSS
Mercredi 24 Juillet 2019

PLANETE - Publié le 19/12/2018 à 11:23


Il est déjà trop tard pour sauver tous les palmiers du littoral français, affirme l'Anses


AFP

Il est déjà trop tard pour sauver tous les palmiers de la Côte d'Azur et du pourtour méditerranéen, estime l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) qui recommande mercredi de protéger les spécimens qui le méritent ou qui peuvent l'être contre l'insecte qui les ravage, le charançon rouge.

Le rapport, rédigé par un groupe d'experts à la demande du ministère de l'Agriculture, conclut à la quasi-impossibilité d'éradiquer le charançon dans les six départements du littoral méditerranéen et la Corse: il a tellement proliféré depuis 10 ans que le combat serait perdu d'avance.

Introduit autour de 2006 via des cargaisons de palmiers à bas prix importées d'Egypte, le charançon produit des larves qui détruisent le palmier de l'intérieur.

Dans la zone dite méditerranéenne, "l'objectif réaliste le plus ambitieux serait de stabiliser la population de charançon rouge du palmier et de réduire son impact sur la mortalité des palmiers, tout en contrôlant aussi longtemps que possible son aire d'extension géographique (...)", estime l'Anses, en soulignant que "le coût sera élevé".

Seconde alternative, selon l'Anses, pour les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhônes, le Var et les Alpes-Maritimes et la Corse: "Envisager de limiter la protection à certains palmiers, notamment pour leur importance patrimoniale et proposer des espèces végétales de remplacement pour les zones non protégées". Autrement dit, planter d'autres arbres.

Lesquels? L'Anses n'en dit rien, pas plus qu'elle ne tranche entre les vertus des méthodes de traitement, chimique ou biologiques (on utilise un champignon ou des vers pour s'attaquer au nuisible ou à ses larves), évoquant six combinaisons préventives possibles.

"C'est un aveu d'échec. Faute d'organisation, on entérine la faillite et c'est dramatique", a réagi Michel Ferry, expert auprès de la FAO, l'agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation: "La lutte contre ce ravageur n'est pas un problème technique mais un problème d'organisation collective et de volonté politique comme en témoigne l'exemple des Canaries, ou celui des oasis où il a pu être éradiqué".

- Réussite aux Canaries -

Selon lui, l'avis de l'Anses ne tient pas compte des derniers éléments nouveaux: "Même dans les situations difficiles en Europe, on peut obtenir la réduction rapide de la population de charançon rouge, comme ça s'est fait en deux ans à Saint-Raphaël. Deuxièmement, la stratégie qui consiste à contenir le charançon en traitant régulièrement conduit à une impasse coûteuse, même l'Arabie Saoudite l'a abandonnée. Tous les pays concernés visent l'éradication rapide".

Ailleurs que sur la Riviera, là où les palmiers sont rares mais où le charançon est quand même apparu (Morbihan en 2013, Normandie en 2017), l'objectif d'une éradiction reste d'actualité selon l'Anses.

Son rapport revient en détail sur l'exemple réussi des Canaries. L'Anses parle de "résultat exceptionnel", "fruit d'une réaction très rapide", "centralisée" et dotée de "moyens lourds". Les palmiers ont été géo-référencés, inspectés visuellement par un personnel formé capable de détecter le moindre symptôme, abattus dans les 24 heures quand leur assainissement complet semblait impossible.

Dans les zones infestées, des traitements insecticides ont été massivement appliqués pour réduire la pression du charançon et protéger les palmiers sains, des pièges à phéromones déployés, et un embargo décrété.

La crise financière de 2008 a été un atout inattendu: l'urbanisation touristique a marqué le pas, contribuant à éviter l'importation de palmiers d'ornement infestés dans l'archipel, selon le rapport.

En Israël, en revanche, le combat est en passe d'être perdu dans ce pays qui semblait pourtant bien parti pour sauver ses vergers de dattiers dans les années 1999 à 2004. Comme aux Canaries, le traitement a été massif, coordonné, mais à partir de 2009, le charançon est réapparu dans des sites privés et les municipalités concernées n'ont en général pas pris la responsabilité de traiter.

Aujourd'hui, le charançon prolifère presque partout en Israël, selon l'Anses.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


L'Etna à nouveau en éruption
Un nouvel épisode de canicule, plus court, mais intense, se prépare
Bali s'attaque à l'invasion du plastique
Le Kenya inaugure le plus grand parc éolien d'Afrique
L'Autorité de la Grande Barrière de corail veut des mesures contre le changement climatique
Une solution contre la fonte de l'Antarctique ouest? Des canons à neige
Les Vikings ont rasé les forêts, l'Islande reboise à tout-va
En réduisant dès maintenant sa pollution à l'ozone, la Chine pourrait sauver 330.000 vies d'ici 2050
Naissance en Normandie de bébés crocodiles d'une espèce menacée
Viande de chien: pro et anti manifestent en Corée du Sud
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Une sonde indienne en route vers la Lune
L'escargot, une calamité devenue poule aux oeufs d'or en Thaïlande
Canicule: cinq gestes à faire pour éviter le coup de chaud
Allumer son smartphone en pleine nuit pour vérifier l'heure nuit-il au sommeil ?
Le premier pas sur la Lune, il y a 50 ans
 LES PLUS LUS 
Planète: la seule issue se trouve sous terre, selon certains experts
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Un régime riche en viande accroît le risque de mortalité
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.068 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.