ACCUEIL | FLUX RSS
Mardi 21 Mai 2019

SCIENCE - Publié le 04/03/2019 à 12:10


Des hommes préhistoriques aimaient leurs chiens, jusque dans la tombe


AFP

Il y a quelque 6.000 ans, des communautés néolithiques vivant près de ce qui est aujourd'hui Barcelone aimaient déjà beaucoup leurs chiens, jusque dans la tombe.

Des preuves archéologiques mises au jour sur au moins quatre sites montrent que ces hommes préhistoriques et leur compagnons à quatre pattes vivaient ensemble, travaillaient ensemble, et partageaient le même régime alimentaire de graines et de légumes, selon une étude publiée récemment dans la revue Journal of Archaeological Science: Reports.

"Ces animaux étaient totalement intégrés dans ces communautés néolithiques", explique à l'AFP Silvia Albizuri, de l'Université de Barcelone.

Et ce statut spécial accordé aux canidés les suivait dans la tombe. Des squelettes partiels ou complets de chiens ont ainsi été retrouvés dans plus d'une vingtaine de tombes, placés avec soin aux côtés d'hommes, de femmes ou d'enfants.

Mais les animaux choisis pour passer l'éternité avec leurs maîtres en payaient le prix: ils étaient sacrifiés au moment des funérailles, selon l'étude.

Les restes retrouvés appartenaient à des chiens âgés de 1 à 6 ans, dont un quart entre 12 et 18 mois. "La sélection de chiots et d'animaux d'un an suggère un sacrifice", précise Silvia Albizuri.

La préférence de ces communautés pour les jeunes chiens pourrait aussi être liée à une réticence à perdre les animaux plus âgés déjà dressés notamment pour garder les troupeaux.

- Des chiens pas mangés -

L'absence d'entailles sur les os des chiens laisse également penser que leur chair n'était pas découpée ou mangée avant l'inhumation.

Des chiens et des hommes enterrés côte à côte ont déjà été retrouvés sur d'autres sites du Néolithique dans le nord de l'Italie et le sud de la France, mais la tombe de Bobila Madurell, juste au nord de Barcelone, contenait plus de chiens que les autres, note l'étude.

Selon les scientifiques, les chiens ont probablement d'abord été utilisés par les hommes pour chasser.

Puis quand les hommes se sont sédentarisés et ont commencé à cultiver la terre il y a 10.000 ans, ces canidés domestiques sont devenus des protecteurs contre les intrus ou les animaux sauvages, en particulier leur cousin sauvage, le loup.

Ces populations ont également domestiqué d'autres animaux comme les moutons ou les chèvres.

"Les chiens jouaient un rôle important dans l'économie des populations du Néolithique, en prenant soin des troupeaux et des lieux de vie", notent les chercheurs.

Les chiens de taille moyenne (50 cm de haut pour 15 kilos) décrits dans l'étude ressemblent "aux chiens de berger des Pyrénées actuelles", note Silvia Albizuri.

Les os de bétail retrouvés dans les sites des sépultures en Espagne étaient éparpillés de façon hétéroclite, une autre preuve de la place spéciale réservée aux canidés néolithiques.

Environ 5.000 ans avant notre ère, quelques communautés importantes vivaient dans le sud de l'Europe, où existaient aussi quelques plus petits villages dans les plaines ou sur les collines. Les archéologues ont également retrouvé des vestiges de fermes, d'abris temporaires et de silos pour stocker le grain.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Comment les mères bonobos aident leurs fils à se reproduire
Le nouvelle définition mondiale du kilogramme entre en vigueur
Un autre dinosaure-oiseau tenait compagnie à l'Archéoptéryx
L'ancêtre commun des humains modernes et de Neandertal sans doute plus ancien qu'on ne croyait
Hyptiotes cavatus, l'araignée qui se catapulte vers sa proie
A base de plantes ou de cellules, les alternatives à la viande foisonnent
Pour protéger la nature et l'Homme, la science prône des changements profonds
Egypte: découverte d'un cimetière de l'Ancien Empire à Guizeh
Italie : enquête sur l'ADN de Léonard de Vinci à partir d'une mèche de cheveux
En quelques siècles seulement, les humains ont changé les chevaux
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Le déclin des abeilles menace la sécurité alimentaire mondiale, selon la FAO
Au Chelsea Flower Show, des jardins du futur face au changement climatique
La neutralité carbone en France est possible, disent de grandes entreprises
Une montée des océans de 2 mètres plausible d'ici 2100
Comment les mères bonobos aident leurs fils à se reproduire
 LES PLUS LUS 
Le KitKat au thé matcha débarque en Europe
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
Déforestation en Indonésie: plus de 1,3 milliard en amendes impayées
La NASA presse sur l'accélérateur pour un retour sur la Lune
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.048 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.