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Lundi 25 Mars 2019

PLANETE - Publié le 14/03/2019 à 21:23


Près de Chartres, un refuge accueille animaux de cirque ou de laboratoires


AFP

L’un se balance déjà sur les agrès mis à sa disposition, un autre se délasse tranquillement: onze singes de laboratoires de recherche médicale goûtent à une retraite paisible au futur zoo refuge La Tanière près de Chartres.

Voués comme 2.000 à 3.000 primates, selon le Gircor, (Groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche) à l’euthanasie, ces onze animaux sauvages, des macaques fascicularis, cynomolgus et rhesus, sont arrivés la semaine dernière de Belgique et de France, à Nogent-le-Phaye (Eure-et-Loir).

Ils sont désormais calfeutrés pendant un mois en zone de quarantaine comme le stipule la législation, dans un bâtiment unique en Europe adapté aux primates. Ensuite, ils rejoindront de grandes volières à l’air libre où ils tenteront d’apprendre à vivre presque normalement leur vie d'animal en captivité.

"Le but n’est pas de les garder, mais de les sauver", assure à l’AFP Patrick Violas, fondateur du futur zoo refuge, dont la structure en construction a pour vocation de recueillir et soigner des animaux maltraités, abandonnés ou souffrants.

"Lorsque ces singes auront été bien suivis par nos équipes et que l’on aura reconstitué une ou plusieurs communautés, nous nous efforcerons de les replacer dans des zoos plus classiques, dans des endroits où ils seront bien traités", explique-t-il.

L'arrivée de ces primates est l'issue d'un "long combat que nous avons gagné", se réjouit Marie-Françoise Lheureux, présidente et fondatrice du Graal (Groupement de réflexion et d'action pour l’animal), association grâce à laquelle les animaux sont arrivés au refuge.

Dans la zone de quarantaine, l'un des singes regarde l'équipe de soignants qu’il découvre avec une certaine réserve.

"Ces primates, sur lesquels des expériences scientifiques ont été réalisées durant dix à vingt ans dans le domaine des neurosciences et de l’optique, attendaient depuis deux ans de rejoindre La Tanière", explique-t-elle.

"On rend aujourd’hui service à des animaux qui ont rendu eux-mêmes service à l’homme. C’est le premier jour du reste de leur vie", se réjouit Patrick Violas, un amoureux des animaux qui a presque tout plaqué et qui investit énormément d’argent pour cette cause.

- des affaires aux animaux -

Titulaire d’un bac agricole, Patrick Violas a commencé sa carrière professionnelle comme garçon vacher dans une ferme laitière. Mais très vite, il rejoint un groupe automobile et grimpe les échelons pour devenir directeur commercial.

Dans les années 1980/1990, il crée une boutique de téléphonie mobile en Eure-et-Loir, "5/5", puis deux, puis trois, jusqu’à 270 dans toute la France. Un empire qu’il a ensuite vendu et qui lui a permis de faire fortune.

En 2011, il tourne la page des affaires pour revenir à ses premières amours, les animaux, en rachetant un corps de ferme à l’abandon aux portes de Chartres.

Il y crée "La Ferme pédagogique de la Renaissance" qui accueille près de 400 animaux, principalement de basse-cour, délaissés ou maltraités. La ferme est ouverte au public.

Au détour d’une rencontre avec des gens du cirque qu’il a depuis fait venir avec lui, Patrick Violas décide de donner une nouvelle dimension à sa ferme en accueillant des animaux sauvages. Il s’entoure de professionnels reconnus comme Florence Ollivet-Courtois, vétérinaire spécialiste des animaux sauvages.

Il investit massivement dans de nouveaux bâtiments et des équipements neufs, ainsi que dans une clinique vétérinaire de pointe. La nouvelle structure adossée à la ferme pédagogique accueille désormais des animaux de cirque à la retraite, d'autres saisis chez des particuliers qui n'avaient pas d'autorisation, ou provenant d'élevages clandestins...

Aujourd’hui on y trouve des ours, des otaries, des wallabies et autres animaux exotiques ou sauvages... Plus d'un millier d'animaux devraient trouver leur place dans ce zoo refuge baptisé La Tanière qui ouvrira au public en 2020, ce qui permettra d’aider à financer son fonctionnement.

Mais malgré cette réussite, Patrick Violas l'avoue : "Mon rêve, ce serait de fermer tout de suite, parce que cela voudrait dire qu’il n’y a plus d’animaux à sauver".

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