ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 25 Avril 2019

PLANETE - Publié le 21/03/2019 à 12:22


Bretagne: sous la mer, un patrimoine englouti à découvrir et valoriser


AFP

Revêtir une combinaison de plongée et s'équiper d'un masque et d'un tuba pour aller explorer un sentier archéologique sous-marin près de la plage: c'est l'une des nouvelles offres touristiques en Bretagne, une région qui veut valoriser la richesse de son patrimoine englouti.

"C'est une expérience physique qui allie le culturel, le patrimonial et le ludique", fait valoir Anne Hoyau-Berri, archéologue chargée de la mise en œuvre de ce projet avec la mairie de Ploemeur (Morbihan). A proximité d'un chemin de grande randonnée, le site est "en accès libre. On peut y aller en famille, sans contrainte horaire, il est à faible profondeur à marée basse", s'enthousiasme-t-elle. On peut même y emprunter le matériel de plongée.

Grâce à des objets archéologiques immergés, le site reconstitue un mouillage typique des petits ports commerciaux du 19e siècle.

Avec plus de 2.700 kilomètres de côtes et une histoire maritime mouvementée, la Bretagne recèle un patrimoine sous-marin immense qu'elle entend, en s'appuyant sur des technologies innovantes, mettre davantage en valeur pour favoriser un nouveau développement économique et touristique.

"L'idée, c'est de faire vivre une expérience nouvelle aux touristes car c'est un vrai musée que nous avons sous l'eau et très peu de personnes malheureusement y ont accès", relève Anne Gallo, vice-présidente au conseil régional en charge du tourisme et du patrimoine. "Beaucoup de personnes empruntent les sentiers côtiers, sans avoir aucune information sur ce qui est immergé, sur tout ce patrimoine englouti".

Des épaves mythiques, comme la lointaine "Cordelière", fleuron de la flotte bretonne au XVIe siècle qui va donner lieu à une nouvelle campagne de prospection l'été prochain, aux épaves militaires des deux guerres mondiales ou aux navires de commerce que des mers difficiles ont menés corps et biens par le fond au large des côtes, près de 900 biens culturels maritimes sont recensés en Bretagne.

- "Route virtuelle des épaves" -

Sur le plateau continental au large de Lorient, gisent ainsi 60 épaves métalliques de la Première guerre mondiale. Avec l'aide de la région, une association va réaliser des images en très haute définition de ces épaves qui seront présentées au musée sous-marin de Lorient, premier espace consacré au patrimoine immergé contemporain, ouvert en 1999. Un musée installé dans la base construite par l'Allemagne nazie entre 1941 et 1944 pour y abriter les 2e et 10e flottilles de U-boote de la Kriegsmarine.

"L'idée, c'est de remonter des images de ces épaves qu'on trouve principalement sur les voies maritimes au-delà de Groix et Belle-Ile-en-mer" et posées jusqu'à environ 170m de profondeur, explique Christophe Cérino, chercheur en histoire maritime. Ce travail, réalisé avec un outil téléguidé de type Rov, permettra ensuite une modélisation en 3D de ces épaves avant leur présentation au public.

Pour créer une dynamique en faveur de ce patrimoine ignoré parce qu'immergé, la région a lancé pour la troisième et dernière année un appel à projets afin de soutenir les initiatives originales en la matière, tant sous l'eau, que sur l'estran (comme les pêcheries) ou en estuaire.

Chaque projet retenu est validé scientifiquement par le Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), rattaché au ministère de la Culture.

Parmi les projets de 2018 - l'appel à projets sera clos le 23 avril pour 2019 - figure notamment une application mobile géolocalisée, "La Route virtuelle des épaves". Tout en valorisant le patrimoine maritime immergé, cette route virtuelle incitera à la découverte d'itinéraires ou de sentiers côtiers, et permettra à celui que le souhaite d'approfondir ensuite ses découvertes.

"C'est extrêmement motivant", dit Anna Hoyau-Berry. En tant que qu'associations dans ce domaine, "on n'est plus seulement ceux qui coûtent à la société, mais on est aussi porteurs de développement économique. C'est très enthousiasmant et valorisant".

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Repérer les déchets plastiques marins par satellite
Le plus gros perroquet du monde profite du réchauffement climatique
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Des résidus radioactifs dans les glaciers
Fourrure: la Norvège va interdire les élevages d'ici 2025
Dans l'est du Tchad, une eau rare livrée par des colporteurs
Ecologique et esthétique, la renaissance de la pierre sèche
Tri des déchets: le gouvernement pointe du doigt des fast-foods en retard
Thaïlande: replanter la mangrove contre l'érosion et pour sauver un temple
L'Italie propose d'interdire l'abattage des loups
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Repérer les déchets plastiques marins par satellite
Un incident sur la capsule de SpaceX pourrait retarder son premier vol habité
Y-a-t-il une heure idéale pour faire de l'exercice ?
Sclérose en plaques : une molécule synthétique pourrait améliorer le quotidien des patients
Quels sont les facteurs qui dictent nos principes moraux ?
 LES PLUS LUS 
Les nuits lunaires plus froides que prévu, selon la sonde chinoise
Un dinosaure se défendant avec ses épines découvert en Argentine
Le jour se lève pour des panneaux solaires révolutionnaires
Une momie d'Equateur, clé pour savoir comment une grave maladie a atteint l'Europe
Le petit-déjeuner ne favoriserait pas forcément la perte de poids
Tout un défi de sauver la tombe de Toutankhamon du tourisme de masse
L'image que l'on a de son corps peut dépendre de l'entourage
Le Nord magnétique fonce du Canada vers la Sibérie
Le désert médical, un mal dont souffrent les Français des villes moyennes
Ouganda: saisie d'ivoire et d'écailles de pangolin, deux Vietnamiens arrêtés
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.043 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.