ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 23 Mai 2019

PLANETE - Publié le 29/04/2019 à 15:45


L'océan Arctique, pépinière de virus marins


AFP

L'océan Arctique est une véritable « pépinière » de virus marins, ont révélé des échantillons prélevés lors de l'expédition Tara Oceans, une découverte surprenante tant biodiversité foisonnante rime davantage avec tropiques qu'avec pôles, dans le monde animal et végétal.

« L'échantillonnage fait par Tara en 2013 en Arctique a permis de mettre en évidence une énorme diversité des virus », explique à l'AFP Chris Bowler, biologiste CNRS/ENS/PSL qui compare cette région polaire à « une pépinière » de virus.

« Et le changement climatique va clairement modifier cela », ajoute le chercheur coordinateur scientifique de l'expédition Tara Oceans.

La goélette avait parcouru, entre 2009 et 2013, 140 000 km sur tous les océans de la planète, pour percer les mystères de l'écosystème planctonique qui constitue 90 % de la biomasse des océans et produit 50 % de l'oxygène.

« De plus, les océans absorbent la moitié du dioxyde de carbone de l'atmosphère », explique Matthew Sullivan de l'université d'Ohio aux États-Unis, coauteur de l'étude qui sera publiée en couverture de la revue américaine Cell le 16 mai.

Au cours de leur périple, les chercheurs avaient prélevé 35 000 échantillons de plancton marin.

Dirigées par l'université d'Ohio, et impliquant des équipes du CEA, du CNRS, de l'EMBL, de l'ENS-PSL et de la Fondation Tara Oceans, ces nouveaux travaux ont permis de porter le nombre de populations virales océaniques connues de 16 000 à près de 200 000.

Selon Chris Bowler, les océans pourraient en contenir jusqu'à un milliard.  

« Les virus sont des petites choses qu'on ne peut pas voir, mais comme ils sont présents en très grand nombre, ils sont vraiment importants », juge Matthew Sullivan.

Ces virus infectent les organismes. Chaque virus a une cible spécifique. Certains infectent les poissons, d'autres des micro-organismes du plancton (d'origine végétale, phytoplancton, ou animale, zooplancton, des bactéries), qui dérivent dans les océans au gré des courants.

« Nous percevons les virus comme quelque chose de méchant mais ils sont là pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes », explique Chris Bowler. « Si un organisme commence à dominer, à être trop abondant, ils permettent le retour à l'équilibre ».   

Reste encore à comprendre qui infecte qui, dans quelle proportion tel ou tel virus est présent et où, quels facteurs déterminent leur abondance ou encore quel rôle ils jouent dans la séquestration du carbone de l'atmosphère par les océans...

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Phoques décapités : deux marins-pêcheurs convoqués devant la justice
Faidherbia Albida, arbre refuge de l'agriculture sahélienne
A Cannes, la fin d'un faux récif de vieux pneus, une hérésie environnementale
En Irak, les marais misent sur l'écotourisme pour redevenir jardin d'Eden
Corée du Sud : retour de l'ibis nippon 40 ans après son extinction
Bangladesh: le nombre de tigres augmente pour la première fois depuis 15 ans
Climat: premier revers pour une plainte pionnière contre l'UE
Allemagne: les loups prolifèrent, les règles d'abattage assouplies
Norvège: une algue toxique décime les saumons d'élevage
Le déclin des abeilles menace la sécurité alimentaire mondiale, selon la FAO
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Phoques décapités : deux marins-pêcheurs convoqués devant la justice
Faidherbia Albida, arbre refuge de l'agriculture sahélienne
A Cannes, la fin d'un faux récif de vieux pneus, une hérésie environnementale
En Irak, les marais misent sur l'écotourisme pour redevenir jardin d'Eden
Corée du Sud : retour de l'ibis nippon 40 ans après son extinction
 LES PLUS LUS 
Le KitKat au thé matcha débarque en Europe
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Un régime riche en viande accroît le risque de mortalité
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.042 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.