ACCUEIL | FLUX RSS
Mardi 19 Novembre 2019

PLANETE - Publié le 02/05/2019 à 00:53


La destruction de la nature, une menace pour l'Homme autant que le réchauffement


AFP

Le message lancé lundi à l'ouverture d'une réunion mondiale sur la biodiversité est clair : la destruction de la nature menace l'Homme «au moins autant» que le changement climatique et mérite donc autant d'attention pour éviter des impacts dévastateurs.

Scientifiques et diplomates de plus de 130 pays sont réunis jusqu'à samedi pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire d'une nature pourtant vitale pour l'humanité.

«Les preuves sont incontestables : notre destruction de la biodiversité et des services écosystémiques a atteint des niveaux qui menacent notre bien-être au moins autant que les changements climatiques induits par l'Homme», a déclaré Robert Watson, président de Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Le groupe d'experts a travaillé pendant trois ans sur un rapport de 1800 pages qui devrait devenir la référence scientifique en matière de biodiversité, comme le sont ceux du GIEC pour le climat.

Si le mot «biodiversité» semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris l'espèce qui se met elle-même en danger en détruisant la nature : l'Homme. Et l'Homme ne peut vivre sans cette nature qui lui rend des services inestimables, des insectes pollinisateurs aux forêts et océans absorbant le CO2, en passant par les médicaments ou l'eau potable.Alors comme pour le climat, «ce mois d'avril 2019 peut marquer le début d'un "tournant parisien" similaire pour la biodiversité et les contributions de la nature aux populations», a estimé M. Watson, en référence à l'accord de Paris, en 2015.

Beaucoup espèrent que cette évaluation sera le prélude à l'adoption d'objectifs ambitieux lors de la réunion en 2020 en Chine des États membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15).

Quasiment aucun des 20 objectifs précédemment définis pour 2020, qui visent une vie «en harmonie avec la nature» d'ici 2050, ne seront atteints, selon le projet de synthèse du rapport, projet qui sera discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.

«Le patrimoine environnemental mondial [...] est en train d'être altéré à un niveau sans précédent», met en garde ce texte.

Un quart des 100 000 espèces évaluées - portion minime des 8 millions estimées sur Terre - sont déjà menacées d'extinction, sous pression de l'agriculture, de la pêche, de la chasse, ou encore du changement climatique.

Mais «une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces» se profile, selon le projet de rapport : entre 500 000 et un million devraient être menacées, dont «beaucoup dans les prochaines décennies».

«Modifier notre consommation»

Des projections en accord avec ce que décrivent depuis des années certains scientifiques : le début de la 6e«extinction de masse», la première depuis l'arrivée des hommes sur la planète.

Le texte fait clairement le lien entre les deux menaces majeures que sont le réchauffement et les atteintes à la nature, identifiant certaines causes similaires, en particulier les pratiques agricoles et la déforestation, responsables d'environ un quart des émissions de CO2 mais aussi de graves dommages directs aux écosystèmes.

Le tout sur une planète de plus en plus peuplée dont les habitants consomment de plus en plus.

«Il ne faut pas seulement modifier la production agricole, il faut aussi modifier notre consommation. Par exemple, un régime alimentaire bien équilibré est bon pour notre santé et aussi bon pour la planète», a expliqué Paul Leadley, un des auteurs du rapport.

«Si on mange un peu moins de viande rouge, ça réduit les gaz à effet de serre et [...] ça laisse plus de place aux milieux naturels», a ajouté le chercheur.

Mais vu l'ampleur des réformes à mettre en place, qui impliquent une véritable transformation de nos modes de vie, les résistances risquent d'être encore plus fortes que pour la lutte contre le changement climatique.

«Il pourrait y avoir des difficultés avec certains pays. Nous ne savons pas comment le Brésil va réagir, avec le nouveau gouvernement (de Jair Bolsonaro). Nous ne savons pas ce que les États-Unis pensent de cette évaluation», note ainsi Günther Mitlacher, de WWF, qui décrit aussi une division Nord-Sud semblable à la géopolitique climatique.

Avec notamment des pays africains très demandeurs d'actions parce qu'«ils voient que leur population dépend des ressources naturelles», ajoute-t-il.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Un petit ruminant disparu des radars depuis 25 ans photographié au Vietnam
Les coraux des Caraïbes en danger de mort
Climat: plus vite, plus haut que prévu pour les océans?
Le pirarucu, poisson géant d'Amazonie prisé par les gastronomes
L'oiseau le plus bruyant du monde crie pour trouver l'amour
Un louveteau affaibli prend ses quartiers dans une station de ski des Alpes-Maritimes
Les dauphins roses d’Amazonie contaminés au mercure
Un insecte nommé Greta
Des baleines adaptent leur communication pour protéger leurs bébés
Le voyage périlleux des tortues de mer nées sur les côtes grecques
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La médecine traditionnelle chinoise doit être encadrée, selon les académies européennes
Vapotage: les autorités américaines pensent avoir percé le mystère des maladies pulmonaires
Les ossements de 14 mammouths découverts au Mexique
600 bouteilles de cognac remontées d'une épave centenaire en mer Baltique
Italie: une truffe blanche adjugée 120.000 euros à la traditionnelle vente d'Alba
 LES PLUS LUS 
Découverte au Japon d'une nouvelle espèce de dinosaure
Chine: après les chats, voilà les bars... à canards
Le monstre du Loch Ness: et s'il y avait anguille sous roche?
Antarctique: expédition écologique et éducative pour évaluer la pollution
La plus grande étude d'ADN éclaircit l'origine des langues indo-européennes
Un serpent à deux têtes découvert à Bali
Pérou: explosions et nuées de cendres depuis le volcan Ubinas
Planète: la seule issue se trouve sous terre, selon certains experts
Découverte d'une marche funèbre vieille de 550 millions d'années
Trois millions de dollars pour les auteurs de la première image d’un trou noir
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.066 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.