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Jeudi 23 Mai 2019

SANTE - Publié le 07/05/2019 à 10:14


Débat sur Lyme: un risque de recommander des pratiques non-scientifiques


AFP

La virulence de certains "activistes" risque d'aboutir à des recommandations de prise en charge de la maladie de Lyme "inefficaces et hasardeuses" car sans base scientifique, avertit mardi le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France.

"Dans l'état actuel du débat (...) et la forme de certaines actions récentes d'activistes, ne pourrait-on pas (...) redouter de voir entrer dans des recommandations des pratiques non-argumentées par la science et de principe inefficaces et hasardeuses pour les malades?", craint le Dr Jean-Claude Desenclos, directeur scientifique de l'agence sanitaire, dans l'édito du BEH.

Tout l'enjeu du débat explosif autour de cette maladie est de "réconcilier les revendications des malades, dont la souffrance est réelle, et la pratique médicale basée sur les évidences scientifiques", juge le Dr Desenclos.

Maladie infectieuse causée par une bactérie et transmise par une piqûre de tique, la borréliose de Lyme fait l'objet d'une vive controverse entre le monde médical et les associations de patients.

La controverse porte sur l'existence ou non de formes chroniques (c'est-à-dire dont les traitements classiques ne viennent pas à bout) de cette maladie, dont les associations réclament la reconnaissance.

Début avril, des militants ont aspergé de faux sang une maison du don parisienne de l'Etablissement français du sang, en soutenant sans preuve scientifique que la maladie de Lyme pouvait être transmise lors d'une transfusion sanguine.

"Depuis une dizaine d'années, des associations de patients, rejoints par quelques médecins et chercheurs et des activistes remettent en cause les connaissances acquises sur la borréliose de Lyme, son diagnostic et sa prise en charge", note le Dr Desenclos.

Cela s'est accompagné du "développement d'une offre de diagnostic et de prise en charge alternative sans base scientifique".

Le Dr Desenclos souligne l'existence d'"un important sur-diagnostic et sur-traitement antibiotique" pour la maladie de Lyme en France.

Ainsi, chez des patients consultant pour suspicion de maladie de Lyme, le diagnostic a été confirmé dans moins de dix pour cent des cas, selon une étude pilotée par l'hôpital Pitié-Salpêtrière (Paris), publiée l'an dernier dans la revue Clinical Infectious Deseases et reprise dans le BEH.

Dans le cadre du "plan Lyme", lancé en 2016 par Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, la Haute autorité de santé (HAS) a émis de nouvelles recommandations en juin 2018.

Elles prennent en compte l'existence de symptômes "persistants et non expliqués" chez des patients.

Mais le milieu médical a rejeté ce concept de "syndrome persistant polymorphe après une possible morsure de tique (SPPT)".

L'Académie de médecine et le Collège national des généralistes enseignants ont conseillé à tous les médecins "de pas tenir compte" des conclusions de la HAS.

En conséquence, à la demande de la Direction générale de la Santé, la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) doit publier de nouvelles recommandations sur lesquelles s'accordent 25 sociétés savantes.

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