ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 2 Avril 2020

SANTE - Publié le 22/05/2019 à 16:27


Une étude éclaire les traces laissées dans notre mémoire par la peur


AFP

Les traces laissées dans le cerveau par la peur sont susceptibles de se former dans l'hypothalamus, selon une étude publiée par la revue Neuron, qui pourrait ouvrir des perspectives pour soigner certaines peurs pathologiques.

Cette étude publiée le 16 mai dans la revue américaine Neuron est le fruit du travail d'une équipe internationale coordonnée par Alexandre Charlet de l'Institut des neurosciences cellulaires et intégratives de Strasbourg et Valery Grinevich de l'université d'Heidelberg (Allemagne).

Ses auteurs démontrent que des engrammes, ensembles de cellules formant la base de la trace mémorielle enregistrée par le cerveau, peuvent se former dans l'hypothalamus, mettant en évidence son rôle dans la régulation de la mémoire de la peur.

"Les engrammes sont bien connus mais uniquement dans les structures corticales supérieures. Là, l'originalité c'est de montrer que cela peut aussi exister dans des structures évolutivement anciennes, comme l'hypothalamus", explique Alexandre Charlet à l'AFP.

"A ce jour, le dogme prédominant veut que la mémoire soit encodée dans l'hippocampe pour être ensuite stockée dans le cortex. Cette vision limitée ne prend que peu en considération les autres structures cérébrales", selon un communiqué diffusé par l'université de Strasbourg.

Grâce à une nouvelle méthode de ciblage génétique, permettant de toucher spécifiquement les neurones activés lors d'une réaction de peur, les chercheurs ont découvert "la formation d'engrammes hypothalamiques dont la manipulation altère drastiquement l'expression et le souvenir d'une peur", poursuit le communiqué.

Ils sont parvenus à gommer ou au contraire à faire persister l'expression de la peur en intervenant sur les neurones produisant l'ocytocine, l'hormone dite "de l'amour", fortement impliquée dans la régulation des émotions.

"On montre une communication entre l'hypothalamus, les neurones qui produisent de l'ocytocine et l'amygdale (une partie du cerveau qui gère les émotions comme la peur et le stress, NDLR)", résume Alexandre Charlet.

"(Ces recherches) nous permettent de mettre le doigt sur des circuits spécifiques et maintenant qu'ils sont identifiés, on peut très bien chercher des agents pharmacologiques qui vont pouvoir les inhiber ou les activer de manière précise", conclut-il.

Ces découvertes pourraient "permettre l'émergence de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment quand la peur devient pathologique, comme dans le cas des troubles de stress post-traumatiques", précise le communiqué de l'université.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Les enfants apprennent plus facilement au contact d'une personne qu'ils jugent fiable
Les enfants et les écrans: des risques et des bénéfices
Il y a plus dangereux que le coronavirus
On sait désormais pourquoi les cheveux peuvent blanchir sous l'effet du stress
Le régime cétogène fonctionne, mais il aurait des effets délétères à long terme
Coronavirus: un touriste chinois, quatrième cas avéré en France
Deux fois moins de maux de tête grâce au cannabis thérapeutique ?
Les couettes et oreillers en plume peuvent être nocives pour les poumons, alertent des médecins
Cancers : les plus pauvres, les moins armés
De moins en moins d'additifs dans nos assiettes
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Deux vieux satellites vont se frôler au-dessus des Etats-Unis
Au Nicaragua, un artiste vit en ermite pour sculpter la montagne
Qu'est-ce qui pousse certaines personnes à considérer les femmes comme des objets sexuels ?
Les enfants apprennent plus facilement au contact d'une personne qu'ils jugent fiable
Les enfants et les écrans: des risques et des bénéfices
 LES PLUS LUS 
L'eau sur Mars s'est volatilisée il y a 3,5 milliards d'années
Un accélérateur de particules pour révéler les secrets de papyrus vieux de 2.000 ans
Un exosquelette connecté au cerveau permet à un patient tétraplégique de marcher
Des baleines adaptent leur communication pour protéger leurs bébés
Le Nobel de médecine couronne la recherche sur l'adaptation du corps au manque d'oxygène
Les prochains astronautes sur la Lune sautilleront moins
La pratique régulière du sport pourrait améliorer la santé cardiovasculaire à n'importe quel âge
Le stress prénatal chez les futures mères pourrait nuire au développement cérébral de l'enfant à naître
Une nécropole romaine exceptionnelle mise au jour à Narbonne
L'homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécu en 2021
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2020 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.063 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.