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Mercredi 18 Septembre 2019

SANTE - Publié le 03/06/2019 à 00:51


Des injections sous-cutanées dans un doigt pour renoncer à la cigarette testées près de Toulouse


AFP

Développée dans les années 70 par Robert Aboudaram, professeur en chirurgie maxillo-faciale, stomatologie et addictologie, la thérapie de sevrage tabagique par injection auriculaire sous-cutanée est l'aboutissement de plus de 30 ans de recherches.

Elle est expérimentée en France depuis plus d'un an par la société Edelweiss Laboratory SA qui a ouvert 3 "Stop Smoking Centers" en France, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), au Plateau d'Assy (Haute-Savoie) et à Castelmaurou (Haute-Garonne).

Le Dr Vincent Masetti, psychiatre addictologue et l'un des médecins référents des Stop Smoking Centers, chante les louanges d'une thérapie "efficace" et "innovante". "L'offre comprend une séance dont la technique est une sorte d'équivalent de l'acupuncture, avec en prime un parcours personnalisé pour le patient, encadré par des profesionnels de santé à son écoute", explique-t-il à Relaxnews.

Concrètement, le principe consiste à associer auriculothérapie et injections d'un produit phytothérapique. Composé de substances actives extraites de plantes telles que le tabacum, le passiflore et le nux vomica, le produit s'administre en une unique séance d'environ 10 minutes, à raison de 8 injections par oreille, localisées dans des points précis au niveau des pourtours de la paroi externe (hélix).

"L'intérêt de cette méthode est d'associer des élément connus indépendamment pour leur efficacité dans l'aide au sevrage tabagique et de les réunir dans un seul et même produit mais avec un dosage plus important", détaille le Dr Masetti.

Méthode "miracle" ?

L'intervention est "garantie" sans effets secondaires : "Nous contre-indiquons la thérapie en cas d'infection au niveau de l'oreille, de problématiques cutanées ou de pathologies cardiaques. Le seul cas observé d'effet secondaire jusqu'ici a été des nausées et des vomissements une semaine après les injections chez une patiente, mais son sevrage coïncidait avec l'arrêt de son traitement pour la douleur donc ne savons pas avec certitude ce qui les a provoqué", explique le Dr Masetti.

Une fois les injections réalisées, il est interdit au patient de conduire dans l'heure qui suit. Pendant les 10 jours suivants, la personne traitée devra boire 3 litres d'eau par jour et s'abstenir de consommer des substances pouvant inciter à fumer comme le café, le thé ou l'alcool.

Si les scientifiques ne disposent pas du recul nécessaire pour évaluer l'efficacité de cette méthode en termes de statistiques, l'expérience médicale sur le terrain a convaincu le Dr Masetti : "Cette méthode fait effet à long terme alors que les produits injectés agissent pendant 2-3 jours. En tant que psychiatre, je ne pourrai pas expliquer avec certitude pourquoi cela marche. Pourtant, je constate que c'est le cas. Avec 18 mois de recul et sur un échantillon de dix patients, j'en ai 2-3 qui n'ont jamais retouché à une cigarette et 4-5 qui ont encore envie de fumer de temps en temps mais qui arrivent à gérer le sevrage. Pour les autres, c'est assez dur, il y a des rechutes. Mais globalement, les résultats sont plutôt satisfaisants."

149 euros la séance

Pratiquée dans certains cabinets médicaux en France depuis ces dernières années, la thérapie est désormais exclusivement disponible dans les trois cliniques d'EdelWeiss Laboratory SA et le patient devra consacrer une demi-journée à la thérapie. Un site lui permet d'identifier le centre le plus proche de chez lui, de remplir un questionnaire et de prendre rendez-vous en ligne.

"Il faut compter une matinée entière pour que le patient ne soit pas stressé. On lui laisse le temps d'arriver sur les lieux, de fumer une dernière cigarette s'il le souhaite. C'est une démarche un peu particulière, différente d'un simple rendez-vous chez le médecin", précise Jean-Marie de Saint Ange, porte-parole d'Edelweiss Laboratory SA.

Au total, le tarif pour bénéficier de l'ensemble des soins est fixé à 149 euros, sachant qu'aucun remboursement n'est prévu par la sécurité sociale ou les mutuelles. Les éventuels dépenses liées aux déplacement pour ceux et celles qui vivent dans les régions dépourvus des centres ne font pas non plus l'objet d'un défraiement. "Le flux supplémentaire généré par une offre remboursable risquerait de saturer les demandes et nous préférons offrir un soin de qualités aux patients", justifie Jean-Marie de Saint Ange.

Selon des chiffres du dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France dévoilé mardi 29 mai, la cigarette est responsable d'un décès sur huit en France, soit 75 000 en 2015.

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