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Vendredi 6 Décembre 2019

CIEL&ESPACE - Publié le 06/09/2019 à 15:33


Jour J pour la mission lunaire indienne Chandrayaan-2


AFP

L'Inde va vivre "15 minutes de terreur" dans la nuit de vendredi à samedi avec la tentative d'atterrissage sur la Lune d'une sonde inhabitée, participant au retour de l'homme sur ce satellite naturel vu comme un relais vers Mars.

Lancé le 22 juillet d'un pas de tir du sud de l'Inde, l'atterrisseur Vikram de la mission Chandrayaan-2 doit se poser entre 01H30 et 02H30 samedi heure indienne (20H-21H vendredi GMT) près du pôle sud lunaire, au terme d'un mois et demi de rotations orbitales autour de la Terre puis de la Lune.

Une fois immobilisé, il libérera entre 05H30 et 06H30 (00H00-01H00 GMT) un petit robot mobile, qui devrait fonctionner grâce à l'énergie solaire pendant environ quatorze jours terrestres et réaliser des relevés scientifiques.

Si l'atterrissage est couronné de succès, l'Inde deviendra la quatrième nation au monde à réussir à poser un appareil sur le sol sélénite, après l'Union soviétique, les États-Unis et la Chine.

Mais avant d'exulter, scientifiques et public vont devoir retenir leur souffle durant la descente finale de l'atterrisseur. Le Premier ministre indien Narendra Modi assistera à l'événement depuis le QG de l'agence spatiale ISRO à Bangalore.

La phase est aussi cruciale que délicate. Si l'engin ne ralentit pas suffisamment, il arrivera trop vite et se fracassera contre la surface désolée. En avril, une sonde lunaire israélienne a ainsi raté son alunissage et s'est écrasée.

Le jour J, "nous allons connaître 15 minutes de terreur pour réaliser un atterrissage en toute sécurité près du pôle sud", avait déclaré en juillet K Sivan, le président de l'ISRO.

Chandrayaan-2 - "chariot lunaire" en hindi - sera le premier engin spatial à se poser dans la région du pôle sud, inexplorée par l'homme. Les précédents atterrissages, notamment ceux du programme américain Apollo, sont survenus au niveau de l'équateur sur la face visible de la Lune. En début d'année, une sonde chinoise s'est pour la première fois posée sur la face cachée.

- Futures colonies lunaires -

"L'Inde se rend là où seront probablement les futures colonies humaines dans 20, 50 ou 100 ans", explique Mathieu Weiss, représentant du CNES français en Inde. "C'est pour cela que tout la communauté scientifique suit cette mission."

En effet, les pôles lunaires offrent des températures constantes ainsi que de l'eau sous forme de glace dans l'ombre de gigantesques cratères. Des facteurs vitaux pour y installer de potentielles bases, imaginées comme des terrains d'expérimentation scientifique et de futurs relais pour des fusées à destination de la planète Mars.

"Les gens vont sur la Lune car c'est la première étape pour aller vers Mars. Il n'y a pas d'intérêt à aller sur la Lune si vous ne la voyez pas dans la perspective globale de vols vers Mars", dit M. Weiss.

"Si vous voulez survivre sur la Lune, vous avez besoin d'eau pour vivre, et vous avez besoin d'eau pour produire de l'énergie. Avec de l'eau vous pouvez faire fonctionner des moteurs", poursuit-il.

La Lune a été relativement délaissée par l'homme depuis la fin du programme Apollo dans les années 1970, les grandes agences spatiales ayant préféré se consacrer à l'étude et à l'exploration du système solaire.

Mais le satellite de la Terre, distant de quelque 384.000 kilomètres, est l'objet d'un regain d'intérêt international depuis quelque temps. Le gouvernement américain a ainsi demandé à la Nasa d'y renvoyer des astronautes pour 2024, visant cette fois le pôle sud comme zone d'atterrissage.

New Delhi a consacré 140 millions de dollars (124 millions d'euros) à Chandrayaan-2, soit un montant bien inférieur à ceux des autres grandes agences spatiales pour des missions de ce type. Le programme spatial indien s'est fait remarquer ces dernières années en alliant ambition et sobriété budgétaire, ainsi que par sa progression au pas de charge.

L'ISRO compte d'ici 2022 envoyer un équipage de trois astronautes dans l'espace, ce qui serait son premier vol habité. Ses scientifiques travaillent aussi à l'élaboration de sa propre station spatiale, attendue au cours de la prochaine décennie.

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