ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 15 Décembre 2019

RECHERCHE - Publié le 21/09/2019 à 14:31


Des chercheurs ont appris à des rats à jouer à cache-cache


AFP

La prochaine fois que vous tomberez sur un rat chez vous, dites-vous qu’il veut peut-être simplement jouer à cache-cache. 

Pour une expérience, une équipe de neuroscientifiques allemands a passé plusieurs semaines avec des rongeurs dans une petite pièce remplie de cartons. Ils ont découvert que les animaux étaient étonnamment adeptes du jeu, alors même qu’ils n’étaient récompensés par aucune friandise.

Au lieu de cela, les rats semblaient sincèrement heureux de découvrir leurs compagnons humains ou d’être attrapés par eux, à en juger par les petits bonds de joie et les cris ultrasoniques qu’ils poussaient, inaudibles pour l’oreille humaine et dont des travaux antérieurs ont montré qu’ils étaient associés au bien-être.  

L’étude, publiée jeudi dans la revue Science, n’est pas qu’une histoire mignonne (ou angoissante, selon les points de vue), car elle donne un nouvel éclairage sur le jeu, un trait évolutif important chez les mammifères.

« Quand vous travaillez beaucoup avec les rats au fil des ans, vous vous rendez compte à quel point ces animaux sont intelligents et sociaux », dit le coauteur Konstantin Hartmann de l’université Humboldt de Berlin, où sont également basés les autres membres de l’équipe.  

« Mais ce fut une surprise de voir à quel point ils se débrouillaient bien », ajoute-t-il à l’AFP.  

Les recrues étaient des rats mâles adolescents, et le terrain de jeu une pièce de 30 mètres carrés. Un chercheur s’accroupissait pour se cacher derrière un carton, ou bien donnait au rat une longueur d’avance pour qu’il se cache, l’humain le cherchant.

Pendant une à deux semaines, les rats ont appris que commencer le jeu à l’intérieur d’une boîte fermée, puis ouverte à distance, signifiait qu’ils devaient chercher, tandis que commencer le jeu avec la boîte ouverte signifiait qu’ils devaient se cacher.

Questions éthiques 

Ils ont rapidement mis au point des stratégies relativement sophistiquées, comme de revisiter des lieux où les humains s’étaient cachés auparavant, ou bien de se mettre à l’abri dans des boîtes opaques plutôt que transparentes lorsqu’ils se cachaient.  

Pour les entraîner, les auteurs ont récompensé les rats non pas avec de la nourriture ou de l’eau, ce qui aurait invalidé l’expérience, mais avec une interaction sociale positive, sous la forme d’un contact physique.  

« Ils cherchent notre main, nous les chatouillons les côtes, c’est un peu comme si on jouait avec des chatons ou des chiots », dit Konstantin Hartmann.

Les scientifiques pensent que les rats étaient motivés non seulement par ces interactions, mais qu’ils aimaient aussi le jeu en soi.  

Outre les cris et sauts de joie, les rats sursautaient et allaient se recacher ailleurs lorsqu’ils étaient trouvés, comme s’ils voulaient prolonger la séance de jeu et retarder la récompense.

Le jeu a un rôle important dans le développement cognitif des mammifères adolescents.

Les rats constituent un modèle idéal pour étudier l’activité cérébrale chez l’homme en raison de leur proximité évolutive, ce qui explique également leur utilisation fréquente en médecine.  

Les scientifiques voudraient savoir quelles parties du cortex préfrontal, lié aux comportements sociaux, sont impliquées, mais comme le jeu est une activité fluide, il est difficile à étudier.

L’équipe a donc attaché à la tête des rats des microfils enregistrant leur activité cérébrale, leur permettant d’identifier les neurones associés à des événements de jeu spécifiques. Ce qui pourrait un jour servir à de futures études : par exemple, pour examiner le développement neuronal lorsque les activités de jeu sont restreintes pendant l’adolescence.  

Tout cela soulève des questions éthiques sur l’utilisation des rats dans des expériences scientifiques et médicales.

« Il est très important d’avoir conscience des capacités cognitives d’un animal », dit Konstantin Hartmann, ajoutant qu’il faut toujours mettre dans la balance l’intérêt scientifique des expériences, par rapport à l’utilisation d’animaux.

« Ce type de recherche aidera les scientifiques à voir dans les rats plus que de simples objets d’expériences. »

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Comment la recherche nobélisée prolonge la vie de malades du cancer
Le recours au cannabis serait peu efficace pour réduire la consommation d'opioïdes chez les patients dépendants
Des chercheurs ont appris à des rats à conduire des mini-voitures
Le stress prénatal chez les futures mères pourrait nuire au développement cérébral de l'enfant à naître
La pratique régulière du sport pourrait améliorer la santé cardiovasculaire à n'importe quel âge
L'infertilité masculine et le cancer de la prostate pourraient avoir des causes communes selon une étude
Des chercheurs ont appris à des rats à jouer à cache-cache
L'anémie en début de grossesse pourrait augmenter le risque d'autisme chez l'enfant
Des chercheurs présentent une méthode pour détecter "plus efficacement" la maladie d'Alzheimer
Dormir trop ou trop peu nuirait à la santé cardiaque
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Les chiens savent catégoriser les mots, même prononcés par des inconnus
Le Soleil vu de plus près: une cascade de surprises
Des fossiles révèlent comment nos oreilles sont nées
Une nouvelle espèce de dinosaure, herbivore et court sur pattes, découverte en Equateur
Les orques ménopausées dopent la survie de leurs petits-enfants
 LES PLUS LUS 
Les premiers bus à hydrogène entrent en service en France
Découverte d’une nouvelle espèce d’anguille électrique à haute tension
Cuir de poisson: quand de jeunes chimistes marient luxe et écologie
L’un des plus gros animaux volants de l’histoire identifié au Canada
La Russie n’utilisera plus son robot Fedor pour des missions dans l’espace
L'or ou l'eau: le dilemne que combattent les indigènes en Equateur
La prise d'une décision dépend de notre degré d'incertitude, affirment des scientifiques américains
Ablation de l'utérus : les femmes seraient plus sujettes à la dépression ou à l'anxiété après l'intervention
Des compléments alimentaires aideraient à réduire certaines maladies mentales
La plus grande étude d'ADN éclaircit l'origine des langues indo-européennes
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.056 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.