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Mardi 19 Novembre 2019

SANTE - Publié le 09/10/2019 à 16:24


Beauté des ongles, mais risques pour la santé


AFP

Pas une semaine sans qu'ouvre un salon de soin des ongles, avec ses fauteuils alignés en vitrine et ses "petites mains", souvent asiatiques, penchées sur les ongles des clientes, un mince masque de papier sur le visage.

Pose et dépose de vernis classiques ou semi-permanents, pose de faux ongles à l'aide de gels ou résines, décoration ("nail art") exposent les travailleurs, pour 97% des femmes, à des substances toxiques, selon l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles).

"Des mesures dans les salons de stylisme ongulaire ont révélé la présence de plus de 60 substances, avec des effets mal maîtrisés du fait de la poly-exposition", note Nicolas Bertrand, expert à l'INRS.

Il fait état de près de 6.000 salariés dans le secteur, qui connait une explosion depuis une dizaine d'années, suivant une mode venue d'outre Atlantique.

Sans compter les boutiques non déclarées et les indépendantes qui travaillent à domicile. "On assiste à une +plateformisation+ du métier, avec la mise en relation directe de clientes et de professionnelles indépendantes", observe Nicolas Bertrand.

Un secteur "gris" qui se développe à toute vitesse à côté des boutiques déclarées, relève Régine Ferrère, présidente de la Confédération nationale de l'esthétique parfumerie (CNEP), qui recense 9.000 entreprises d'embellissement cils/ongles, soit 15.000 salariés en France.

Pour la première fois, l'INRS a mis au point des fiches techniques à l'intention des salons, préconisant des produits plus sûrs, l'utilisation de tables aspirantes associées à une bonne ventilation des lieux, le port de gants et de masques avec cartouches de filtration pour la pose des résines et gels acryliques (vernis semi-permanents) ...

Parmi les 3 salons visités par l'AFP à Paris dans un rayon de 50m, un seul disposait de tables aspirantes et les trois ne mettaient à disposition de leurs employés que des masques légers en papier, qui "ne protègent pas", selon l'INRS.

- Inflammation de la peau -

"Il faut impérativement porter des masques à cartouches, mais les esthéticiennes craignent que leur aspect (les filtres ont l'aspect de gros yeux de mouche) fasse peur aux clientes", observe Nicolas Bertrand.

Jonk, qui vient du Vietnam et travaille en manucure depuis 5 ans, a du mal à comprendre la question et finit par brandir un masque en papier. Léa, dont le salon très zen vient d'ouvrir, fait confiance à ses produits de marque. Elle n'a ni masque, ni table aspirante mais assure "n'avoir jamais eu de problème".

"Le risque le plus important est l'allergie, cutanée ou respiratoire", résume Sophie Robert, experte à l'INRS. "75% des pathologies professionnelles diagnostiquées dans ce secteur sont des allergies, dont la plus courante, la dermatite de contact, entraîne une inflammation de la peau qui peut conduire à l'arrêt de travail", souligne-t-elle.

La mode de l'ongle vient des Etats-Unis, où les consignes sont très strictes concernant le port du masque et la table aspirante, avec des messages en plusieurs langues à l'adresse des communautés asiatiques, russe et mexicaine à New York.

En France, beaucoup d'esthéticiennes sont d'origine vietnamienne et chinoise, et l'INRS projette de diffuser via les associations communautaires des messages traduits dans différentes langues en 2020.

"C'est un secteur très innovant, avec de nouvelles techniques comme l'impression 3D (la cliente glisse le doigt, sur lequel a été posé une pellicule plastifiée, dans une imprimante 3D pour imprimer un motif), il faut constamment mesurer les effets", ajoute-t-il.

Il y a bien une législation européenne sur les produits, mais "pas toujours aussi efficace qu'on le souhaiterait", dit-il. Ainsi, les acrylates, bien que dangereux, sont autorisés.

La vogue du "fait maison" ("do it yourself") conduit les particuliers à acheter sur internet des produits professionnels, dont certains sont nocifs, note-t-il.

Et les clientes? Christine découvre que le vernis semi-permanent qu'on lui a posé "ne s'enlève pas tout seul" et "regrette d'avoir cédé à la mode".

Quand à la présidente de la CNEP, elle se contente d'une base qui fait briller ses ongles parfaitement manucurés: "jamais de vernis, je suis allergique!"

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